Des vaches taignonnes, stars du grand écran

Pour les besoins du film Le Vent Tourne de Bettina Oberli, un agriculteur de Saignelégier loue ...
Des vaches taignonnes, stars du grand écran

Pour les besoins du film Le Vent Tourne de Bettina Oberli, un agriculteur de Saignelégier loue six de ses vaches grises rhétiques, une espèce rare

Thierry Froidevaux et ses vaches grises rhétiques Thierry Froidevaux et l'une de ses vaches grises rhétique, qui vient de mettre bas deux petits veaux.

Elles ne dénotent pas dans le paysage : ces vaches à larges cornes et à la robe grise ont l’air de toujours avoir été dans ce champ des Bois, au milieu des sapins… et des caméras. Pour le tournage du nouveau long métrage de la réalisatrice alémanique Bettina Oberli, Le Vent Tourne, six vaches grises rhétiques ont été sélectionnées et apparaitront à l’écran.

 

Deux naissances sur le plateau

Tous ces bovins appartiennent à Thierry Froidevaux, agriculteur à Saignelégier. Depuis 2012, il exploite une ferme qui comprend environ 20 vaches grises rhétiques et des chevaux Franches-Montagnes.  Des espèces suffisamment rares pour qu’une équipe de tournage s’y intéresse. « L’année dernière, une personne m’a contacté afin de savoir si j’acceptais de louer mes animaux pour le tournage d’un film. Au début, je me suis dit que j’y réfléchirai, que c’était encore loin. Et de fil en aiguilles, j’ai pris part au projet, » explique Thierry Froidevaux.

Faire tourner des animaux n’est pas une mince affaire. Il a d’abord fallu choisir les vaches qui correspondaient à ce que désirait la réalisatrice : « Des grises rhétiques, avec cornes, qui acceptent d’être traites à la main. Et il fallait qu’elles soient portantes. » En effet, l’une des scènes du film comprend un vêlage, ainsi, Thierry Froidevaux a dû programmer les périodes, afin que plusieurs vaches soient prêtes à mettre bas pendant les dates du tournage. « On a eu de la chance car à deux jours d’intervalle, on a eu deux naissances. La première fois, l’actrice Mélanie Thierry a pu voir comment se passe un vêlage, et la deuxième fois, elle y a participé. Cela a servi pour le tournage. »
Thierry Froidevaux admet que le tournage est une expérience enrichissante, mais parfois stressante : « Il a par exemple fallu filmer une scène de nuit, avec de la pluie artificielle et des éclairs. Je craignais que mes vaches réagissent mal, mais tout s’est bien passé. »

 

Respecter les races indigènes

En plus des vaches, un cheval, des poules et des cochons font également partie du film, et là encore, il s’agit d’espèces plutôt rares. C’est notamment cela qui a déterminé Thierry Froidevaux à participer à ce tournage : « Ce message est important, respecter les races indigènes, mais aussi l’environnement. Depuis que nous exploitons cette ferme, ce sont des problématiques qui nous tiennent à cœur : on cherche à porter des réflexions logiques, à trouver des alternatives à la mondialisation. » /cto


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