Le président du Tribunal Jura bernois Seeland, Maurice Paronitti, a-t-il violé son devoir de réserve ? Les députés PSA Irma Hirschi et Pierre Sauvain s’interrogent dans une interpellation au sujet de messages postés sur Facebook depuis le compte du magistrat. L’un d’entre eux fait référence à la verrerie de Moutier. L’auteur demande notamment si « le cantonnet va venir à la rescousse de cette centaine de collaborateurs sur le tapis ? Ou alors la famille Zuber, voire Monsieur le Comte ? ». Et d’ajouter « quel enivrant sentiment cela doit être pour tous ces intellectuels – qui n’ont pas à travailler de leurs mains […] – que de se sentir enfin libéré de l’occupant ». Des propos jugés choquants.
S'en tenir au devoir de réserve
Maurice Paronitti « n’hésite pas à exploiter le malheur d’une centaine d’ouvriers pour verser dans la polémique », estiment Irma Hirschi et Pierre Sauvain. Ils relèvent encore un message publié sur la page du comité « Moutier ville jurassienne » dans lequel l’auteur porte un jugement sur des magistrats jurassiens mis à pied dans le cadre de l’affaire du « Pornogate ». Les députés PSA rappellent au Conseil-exécutif que la liberté d’expression des fonctionnaires est limitée par l’obligation générale de fidélité faite au personnel : « en cas de doute, un agent de l’Etat doit s’en tenir à la réserve ». Ils souhaitent aussi savoir si ces interventions sont de nature à discréditer le juge concerné ainsi que le Tribunal d’arrondissement, si un justiciable autonomiste peut encore compter sur l’impartialité du juge et du Tribunal concerné, et quelles suites la Direction de la magistrature et le Conseil-exécutif entendent donner à cette affaire. Les deux élus demandent enfin « quelle voie est ouverte pour déposer une dénonciation contre les agissements de Maître Paronitti ? ».
Contacté lundi matin, Maurice Paronitti se refuse à tout commentaire. Après avoir longuement insisté, il nous a déclaré que son compte Facebook avait été piraté.
Pierre-Alain Droz sous l'oeil du Ministère public?
Toujours à propos de déclarations, Irma Hirschi a déposé aujourd’hui une seconde interpellation. Elle concerne les propos tenus par le conseiller de ville prévôtois Pierre-Alain Droz le 18 juin. Sur Canal Alpha, l’élu UDC s’en prenait aux autonomistes en les appelant « fanatiques », « talibans » ou encore « djihadistes ». La députée PSA demande si le Ministère public a été saisi de cette affaire, puisque « les infractions pénales de ce type se poursuivent d’office ». Elle souhaite aussi savoir si le Préfet, en tant qu’autorité de surveillance, a pris des mesures pour faire cesser ce genre d’appel à la haine de la part d’un élu communal. /ast









