Jugées pour avoir participé à un brigandage

Le Tribunal de Porrentruy s’est penché mercredi 27 septembre sur le cas de deux femmes résidentes ...
Jugées pour avoir participé à un brigandage

Deux braquages, deux prévenues. Le Tribunal de Porrentruy a jugé deux femmes aujourd’hui ; l’une pour brigandage qualifié, l’autre pour recel. Les faits datent de 2014

Tribunal Porrentruy Tribunal Porrentruy

Une prévenue larmoyante qui cherche à prouver qu’elle a été peu impliquée dans l’affaire du brigandage de Saint-Ursanne survenu en 2014. Une autre accusée qui maintient plus ou moins ses déclarations, et des victimes éprouvées. Le Tribunal de Porrentruy s’est penché mercredi 27 septembre sur le cas de deux femmes résidentes du Jura Bernois, accusée pour l’une d’avoir apporté son aide dans ladite affaire et donc d’être coauteure d’un brigandage qualifié (commis avec des circonstances aggravantes). L’autre femme aurait profité de l’argent, notamment en partant en voyage aux Pays-Bas en toute connaissance de cause ; elle est donc suspectée de recel.

 

Rappel des faits

Le 26 septembre 2014, un homme braque la banque Raiffeisen à Saint-Ursanne. Il dérobe 70 000 francs et menace les employés avec une arme. Certains seront blessés. Il prend ensuite la fuite à bord d’une auto, conduite par une jeune femme. Celle-ci n’est autre que la première prévenue. Cette même jeune femme a aidé, quelques jours plus tôt, le braqueur à préparer le brigandage. Elle s’est rendue à la banque pour repérer les lieux.
Deux mois plus tard, en novembre, un autre brigandage est commis par le même homme et un autre braqueur dans une banque de Recherswil. Là encore, des employés seront menacés et blessés. La jeune prévenue est encore présente et apporte son concours aux deux hommes : elle a repéré les lieux, les a attendus pendant le braquage et les a ensuite aidés à dissimuler les preuves.
Grâce à l’argent volé, l’auteur principal des faits est parti en voyage à Amsterdam et a séjourné dans un hôtel de luxe à Bâle. Il a emmené avec lui une autre jeune fille, qui est la deuxième prévenue.
Par la suite, les quatre personnes ont été arrêtées.  Les deux auteurs principaux des faits ont été jugés, l’un en Suisse, l’autre en France. Ce-dernier a écopé de 8 ans de réclusion criminelle. Les deux femmes quant à elles, comparaissaient aujourd’hui devant la justice suisse.

 

« Je me doutais que ce n'était pas de l'argent propre »

Durant la matinée, la parole a successivement été donnée aux deux prévenues. La première est donc soupçonnée d’être coauteure des faits : elle aurait joué un rôle majeur dans le braquage. Face aux accusations, elle a admis avoir participé au brigandage. Le juge, Pascal Chappuis, s’en est trouvé surpris : la jeune femme avait toujours maintenu ne rien savoir de l’affaire. Elle admettait ce matin avoir eu peur de parler tant que les principaux auteurs n’étaient pas incarcérés. Un argument qui ne semble pas convaincre les juges. La jeune femme répète avoir été menacée, avoir agi sous la contrainte, mais manque de clarté.
La parole passe à l’autre prévenue. Plus calme, elle assure n’avoir pas su, avant d’être en voyage à Amsterdam, que l’argent provenait d’un brigandage : « Je me doutais que ce n’était pas de l’argent propre… mais j’ai juste profité de l’instant. »
Enfin, les victimes ont clôt la matinée en exprimant leurs souffrances suite à cet événement traumatisant. « Quand je regarde des films où il se passe la même chose, j’ai encore des flash. Ou bien quand je marche dans la rue, j’ai parfois l’impression qu'on va m'agresser à nouveau», admet une victime. Des souffrances psychologiques, voire physiques : l’une des victimes a dû se faire opérer suite aux violences subies lors du braquage. Des récits qui ont semblé avoir leur effet sur la première prévenue. Elle a tenu à leur adresser des excuses et leur demander pardon.

 

« Tout était réfléchi »

Pour autant, le Ministère Public, qui a pris la parole dans l’après-midi, n’a pas été sensible aux remords. Il décrit une personne froide pendant l’instruction, qui, même après un premier braquage et des violences graves, n’a pas hésité à réitérer ses actes à Recherswil. Selon le Ministère Public, la jeune femme est bel et bien coauteure des faits. Son rôle n’a rien de secondaire : au contraire, « tout était réfléchi ». De nombreux arguments en ce sens ont été mis en avant pendant plus d’une heure de réquisitoire. Le Ministère Public a requis 5 ans de prison. L’avocat des victimes s’est aligné, tout en répétant que la prévenue était tout aussi coupable des faits que les deux hommes déjà jugés.

Pour la deuxième prévenue, le Ministère Public a requis une peine de 100 jours amende avec deux ans de sursis, au vu de son casier vierge et de sa coopération rapide avec la police. L’avocat des victimes est moins souple : selon lui, la jeune femme pourrait être complice… mais sans  preuve, il ne peut affirmer cette idée.

Les avocats des deux suspectes ont ensuite plaidé. Le Tribunal rendra son jugement le 28 septembre à 17 heures.\cto


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