Cinq ans de prison pour avoir braqué deux banques

La jeune infirmière jugée mercredi et jeudi à Porrentruy pour deux braquages commis en 2014 ...
Cinq ans de prison pour avoir braqué deux banques

Cinq ans de prison. C’est la peine retenue à l’encontre de la jeune infirmière, résidente du Jura Bernois, pour sa participation aux braquages de Saint-Ursanne et Recherswil en automne 2014

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Pour le Tribunal de Porrentruy, « la gentille petite infirmière insoupçonnable » est coupable. Coupable d’avoir repéré les banques à braquer, soit une à Saint-Ursanne et l’autre à Recherswil, dans le canton de Soleure. Elle a préparé minutieusement les deux brigandages, a transporté l’argent et détruit les preuves. Elle a agi froidement, sans scrupule, selon le juge Pascal Chappuis, qui rendait son jugement jeudi en fin de journée.
« La culpabilité de la prévenue est grave, elle a été un élément déterminant dans ces crimes », a-t-il déclaré. La jeune femme a été reconnue coauteure de brigandage qualifié, et non pas simple complice.

 

Un rôle majeur

Le 26 septembre 2014, un homme braque la banque Raiffeisen à Saint-Ursanne. Il dérobe 70 000 francs et menace les employés avec une arme. Certains seront blessés. Il prend ensuite la fuite à bord d’une auto, conduite par une jeune femme. Celle-ci n’est autre que la prévenue. Cette même jeune femme a aidé le braqueur, quelques jours plus tôt, à préparer le brigandage. Elle s’est rendue à la banque pour repérer les lieux. Ils se sont téléphoné plusieurs fois, très tôt le matin. Selon le Tribunal, ces relevés d’appels constituent une preuve que les deux jeunes gens préparaient un braquage.
Les arguments de la Cour en ce sens sont nombreux : les braquages ont été commis en bande organisée, ils ont été réfléchis. Or, la jeune femme a laissé des preuves qui ont joué contre elle : des traces ADN sur un bidon d’essence ayant servi à bruler les vêtements portés lors des faits, mais aussi sur les plaques des voitures, qu’elle avait pris soin d’ôter pour ne pas se faire repérer.
Selon le juge, sa culpabilité est d’autant plus grave qu’elle ne s’est pas limitée à un seul brigandage. En novembre 2014, un autre braquage est commis par le même homme et un autre braqueur dans une banque de Recherswil. Là encore, des employés seront menacés et blessés. La jeune prévenue est présente et apporte son concours aux deux hommes. Pour le juge Pascal Chappuis, elle était même le cerveau de l’histoire : « Comment l’auteur principal des faits, un Français qui n’habite pas en Suisse, pouvait connaître Recherswil et vouloir braquer une banque là-bas ? » Il pense que c’est la jeune femme qui a tout dicté et présume aussi que s’ils n’avaient pas été pris, ces Bonnie and Clyde franco-suisse auraient continué leurs coups.

Le Tribunal a donc prononcé une peine qui suit le réquisitoire du Ministère Public. Pour la procureure Laurie Roth, nul doute que la jeune femme était coauteure des faits et devait encourir 5 ans de prison.


L'autre prévenue libérée

Une deuxième prévenue comparaissait aussi hier devant les juges. Cette autre jeune femme était accusée de recel : elle aurait profité de l’argent volé pour prendre du bon temps à Bâle et Amsterdam avec l’un des deux braqueurs. Celle-ci a pourtant été libérée, puisque l’infraction est présumée non commise par le Tribunal.
 

Les deux auteurs principaux des faits ont déjà été jugés, l’un en Suisse, l’autre en France. Le braqueur qui a sévi dans les deux banques est passé devant les juges français en mars dernier. Il s’est vu infliger une peine de 8 ans de réclusion criminelle.\cto


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