Quatre ans de prison pour délit manqué de meurtre

Un ressortissant camerounais a été reconnu coupable d’avoir voulu bouter le feu à sa compagne enceinte en septembre 2016

Tribunal de Porrentruy

Une affaire de violences conjugales devant la justice. Le Tribunal pénal de 1re instance de Porrentruy a condamné mardi un homme à quatre ans de peine privative de liberté pour délit manqué de meurtre. Il a été reconnu coupable d’avoir tenté de bouter le feu à sa compagne. Ce ressortissant camerounais a aussi été puni pour lésions corporelles simples, injures, dommages à la propriété et infraction à la loi sur les stupéfiants. Il écope aussi de 20 jours-amendes à 10 francs et devra, en outre, verser 2'000 francs d’indemnités pour tort moral à la plaignante.

Les faits se sont produits durant la nuit du 29 au 30 septembre 2016 à Delémont. Accompagné d’un ami, le prévenu se rend ce soir-là chez sa compagne, alors enceinte de 7 mois. Elle refuse de lui ouvrir. Le couple qui s’est rencontré au début de l’année connaît une période difficile et la plaignante lui a demandé de quitter son logement quelques semaines plus tôt. L’homme brise alors la vitre de la porte d'entrée et s’introduit dans l’appartement. Il arrache le téléphone des mains de la victime qui tentait de joindre la police, puis la frappe au visage. Son ami entend les coups et les cris depuis une autre pièce, puis quitte les lieux. Dans la nuit, le prévenu se rend dans la chambre de la plaignante, la frappe à nouveau, puis lui déverse 4 à 5 dl de vodka blanche sur le bras, le flanc et la jambe gauche. Il s’approche ensuite d’elle à plusieurs reprises avec un briquet, puis il revient avec ce briquet et un morceau de papier journal pour tenter de lui bouter le feu, en lui disant « Je vais te mettre le feu, je vais te tuer, salope ». Il met un terme à son action devant l’échec de ses tentatives et les supplications de la femme.

 

Le prévenu nie les faits

Dans son jugement, la juge a parlé d’une escalade de la violence conjugale qui a abouti à l’étape ultime, avec la tentative de mettre le feu à la victime. Selon elle, l’accusé avait conscience des dangers que pouvait engendrer son geste. Le tribunal a retenu que si le pire ne s’est pas produit, c’est uniquement grâce à des éléments extérieurs, indépendants de la volonté de ce ressortissant camerounais. Même s’il nie les faits, la juge a estimé que les éléments de preuve à charge étaient suffisants. Elle a mis en avant la constance dans le récit que la victime a livré à son entourage après les faits, puis lors de l’enquête. A contrario, le prévenu a adapté sa déposition en fonction des preuves récoltées au cours de l’enquête. Par ailleurs, il n’a montré aucun remords pour ses actes, ni présenté d’excuses. /emu


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