Un sac de nœud impossible à démêler

Le Tribunal de Moutier n'a pas suffisamment de preuves pour condamner la femme soupçonnée d'avoir ...
Un sac de nœud impossible à démêler

Le Tribunal de Moutier n'a pas suffisamment de preuves pour condamner la femme soupçonnée d'avoir voulu organiser le meurtre son mari. Il en va de même pour son complice présumé. Tous deux ont en revanche été sanctionnés pour d'autres accusations

Tribunal Moutier Le Tribunal de Moutier n'a pas pu faire la lumière sur le cas qui l'occupait depuis lundi dernier. (Photo: archives)

C’est un tribunal gêné qui a rendu son verdict lundi à Moutier. Il a libéré deux prévenus accusés d’actes préparatoires délictueux. Une femme était soupçonnée d’avoir engagé un homme pour tuer son mari. Ce dernier avait été averti par un troisième protagoniste dont le rôle dans l’affaire est peu clair. Lors des audiences, les déclarations de ces trois personnes se sont avérées très contradictoires. La crédibilité des prévenus et de l’homme appelé à fournir des informations étant jugée de mauvaise à catastrophique, le tribunal n’a pas pu démêler le vrai du faux. Dans le doute, il n’a pas prononcé de condamnation pour cette prévention.

« Il y a quelque chose de très malsain au Royaume d’Absurdistan » : c’est par ces mots que la présidente du tribunal, Agnès Schleppy, a conclu son explication. Pendant toute la procédure judiciaire, les déclarations des trois protagonistes n’ont cessé d’évoluer, avec une inconstance qui a atteint son paroxysme lors des auditions qui ont duré 10h30 lundi dernier. Les moyens de preuves objectifs, comme des sms par exemple, n’ont quant à eux pas permis de prouver que la prévenue a donné de l’argent à l’homme qu’elle aurait engagé, ni qu’elle lui a ordonné de faire du mal à son mari. Face à cette impasse, le bénéfice du doute l’a emporté. Ce verdict a surpris l’avocat du plaignant, Grégoire Aubry. Il s’étonne de constater que le manque de crédibilité des prévenus leur bénéficie même lorsqu’ils s’accusent. Au sujet d’un éventuel recours contre ce verdict, Grégoire Aubry indique que la balle est désormais dans le camp du Ministère public.

La prévenue a tout de même été condamnée à 80 jours-amendes à 30 francs avec sursis pour avoir roulé à de nombreuses reprises sans permis de conduire ainsi que pour violation de domicile et dommage à la propriété. Le prévenu, lui, écope de 10 jours-amendes à 50 francs avec sursis pour avoir introduit un taser sur le territoire suisse.  /ast


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