Une alerte enlèvement… pour de faux

Lisa a disparu. La petite fille de six ans a été enlevée dans le Jura. Elle est blonde et sa ...
Une alerte enlèvement… pour de faux

La police cantonale était sur le pied de guerre mardi. Elle a testé l’alerte enlèvement dans un exercice grandeur nature

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Lisa a disparu. La petite fille de six ans a été enlevée dans le Jura. Elle est blonde et sa maman s’est présentée à la police mardi matin vers 8h30… C’est le scénario élaboré par la police cantonale jurassienne pour tester l’alerte enlèvement. Un concept qui existe depuis 2010 en Suisse et qui permet, sur le modèle français, d’informer rapidement et massivement les autorités, les médias et la population de l’enlèvement d’un mineur.

 

Dans les conditions du réel

C’était l’effervescence mardi matin au centre A16, mais également sur le terrain pour cet exercice grandeur nature. Plus de 80 personnes ont été mobilisées pour tenter de retrouver Lisa, en l’occurrence un simple mannequin, et pas une petite fille en chair et en os. Tout est aussi réel que dans un vrai cas. Les agents savaient qu’il s’agissait d’un exercice, mais n’avaient aucune idée des scénarios.

Au matin, une maman est venue signaler la disparition de sa fille. Cette annonce a pu être couplée avec le témoignage d’un passant qui a vu ce qu’il a interprété comme un papa forçant sa fille à entrer dans une voiture. De quoi lancer une pré-alerte… La police a mené les premières investigations, alerté Fedpol et ses autres partenaires.

 

Dans des cas bien précis

Il y a des conditions requises pour lancer une alerte enlèvement. Il faut qu’il s’agisse d’un mineur, qu’on estime qu’il est en danger dans son intégrité physique, sexuelle ou psychique, et qu’une localisation puisse être établie. Par contre, on évite dans la plupart des cas de lancer l’alerte enlèvement si le ravisseur est un parent, et surtout si l’alerte peut représenter une mise en danger de l’enfant. Mardi, les conditions étaient réunies, l’alerte a été lancée vers 10h30 au niveau national… À la différence près que le communiqué et la description n’ont pas été transmis au public… Dans une situation réelle, une information en quatre langues est diffusée à travers tout le pays pour recueillir les témoignages d’informateurs, ainsi que pour des recherches internationales.

 

Être prêt si le cas se présente

L’intérêt de cet exercice est avant tout de tester les points faibles du dispositif et la réactivité en condition réelle. Entre le signalement du cas et le lancement de l’alerte enlèvement, on estime qu’il faut une période d’une heure et demie à deux heures. Un temps important puisque plus les minutes filent, plus le ravisseur peut éloigner la victime, voire passer la frontière. Il s’agit aussi d’exercer tout le processus : la centrale d’appels de Fedpol et de la police cantonale, qui reçoivent quantité d’appels fondés ou complètement erronés, et qui doivent enregistrer les informations dans une base de données commune ; le poste de commandement qui exploite ces renseignements ; les agents sur le terrain qui passent le territoire au peigne fin selon les indications et signalements reçus ; les collaborations avec les partenaires, tels que polices municipales, corps des gardes-frontières, service de traduction, médias, etc.

Si l’objectif est surtout de déceler les points d’amélioration possibles du dispositif, c’est aussi de rappeler au public que chacun peut s’inscrire à tout moment à l’alerte enlèvement pour recevoir un SMS le jour où un vrai cas se produit. Et s’informer sur le site internet… /ich

Inscription à l'alerte enlèvement

Pour une alerte SMS, composez "START ALERTE (Code postal)" adressé à 77777


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