Nouvelles polémiques autour de la géothermie profonde

Le projet de géothermie profonde à Haute-Sorne fait encore parler de lui, les opposants ont ...
Nouvelles polémiques autour de la géothermie profonde

Le projet de géothermie profonde à Haute-Sorne fait encore parler de lui, les opposants ont adressé une lettre aux députés dans laquelle ils dénoncent des contradictions chez les promoteurs. Ils s’insurgent aussi d’ingérences dans les affaires du canton

Projet pilote de géothermie profonde à Haute-Sorne Projet pilote de géothermie profonde à Haute-Sorne (photo : archives)

La lutte contre la géothermie profonde à Haute-Sorne se poursuit. Les opposants au projet ont envoyé récemment un courrier aux députés jurassiens dans lequel ils dénoncent des contradictions chez les promoteurs, à savoir la société Géo-Energie Suisse. « Entre le plan spécial cantonal adopté en 2014 et le discours des porteurs du dossier, il y a beaucoup de lacunes, de choses qui ne correspondent pas », déclare le président de Citoyens Responsables Jura. Jack Aubry s’appuie sur un rapport d’experts en la matière qui se sont réunis en septembre dans le cadre de la SCCER (Swiss competence for energy research), un organisme dont fait partie le directeur général de Géo-Energie Suisse, Peter Meier.  

 

Des différences qui interpellent les opposants

Jack Aubry relève plusieurs incohérences, au niveau de la production espérée d’électricité notamment. Dans le rapport, celle-ci ne serait que d’1,4 mégawatts maximum, soit l’équivalent d’une demi-éolienne, alors que les porteurs du projet évoquent 3 mégawatts. Au niveau de la durée de vie de l’installation, « les promoteurs nous parlaient toujours de vingt à trente ans et maintenant les experts évoquent dix ans seulement », souligne le président de Citoyens Responsables Jura.

Le chef du projet chez Géo-Energie Suisse nous a indiqué ne pas avoir encore pris connaissance du rapport en question. Olivier Zingg assure toutefois que rien n’a changé par rapport au plan spécial cantonal de 2014. « Il est possible que nous n’atteignons pas 3 mégawatts mais c’est aussi possible que nous atteignons davantage », souligne-t-il. Pour lui, cela fait partie d’hypothèses de travail nécessaires dans ce genre de projet-pilote.

Jack Aubry évoque aussi « l’utilisation pharaonique de produits chimiques alors que les promoteurs avaient toujours parlé d’utiliser uniquement de l’eau ». Olivier Zingg dément et précise que la stimulation hydraulique se ferait avec de l’eau, donc sans produits chimiques. Une fois la stimulation terminée, le plan spécial autorise toutefois le nettoyage des fissures avec un acide dilué.

 

Débats autour de la validité de l’initiative

L’initiative populaire contre la géothermie profonde suscite également la controverse. Les opposants au projet de Haute-Sorne qui sont à l’origine du texte dénoncent une ingérence de Géo-Energie Suisse dans les affaires du canton du Jura. La société promotrice a demandé un avis de droit à un avocat vaudois. Ce dernier estime que l’initiative doit être invalidée alors que le Gouvernement jurassien propose au Parlement de valider le texte pour qu’il soit soumis au peuple.

Le groupe Citoyens Responsables Jura dénonce une tentative d’influencer les députés. Olivier Zingg ne voit, de son côté, aucun problème dans cet avis de droit. « Il est d’une grande importance que cette question soit étudiée. Ce qu’en font les autorités est de leur responsabilité. Il n’y a pas de pression ou d’ingérence », conclut le chef du projet chez Géo-Energie Suisse.

Le Parlement se prononcera sur la validité matérielle de l’initiative populaire « contre la géothermie profonde dans le Jura » lors de sa prochaine séance prévue le 22 novembre. /alr  


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