Incendie aux Breuleux : prévenu acquitté

Des propos louches, mais rien qui ne l’accable : le principal suspect dans l’affaire de l’incendie ...
Incendie aux Breuleux : prévenu acquitté

Des propos louches, mais rien qui ne l’accable : le principal suspect dans l’affaire de l’incendie aux Breuleux a été libéré lors de son jugement en appel

incendie Moulin Breuleux Photo: archives

Il est arrivé à l’audience coupable, il est ressorti en homme libre. Le principal suspect dans l’affaire de l’incendie de l’ancien moulin des Breuleux a été acquitté en appel. La Cour Pénale à Porrentruy a décidé mercredi d’annuler la décision rendue en première instance.

 

Rappel des faits 

Le 19 octobre 2012, l’ancien moulin des Breuleux, qui abrite alors une entreprise de chauffage-sanitaire et un appartement, est la proie des flammes. Aucun blessé n’est à déplorer, mais d’importants dégâts matériels sont constatés. Par la suite, une enquête est ouverte : elle conclut à un incendie d’origine criminelle.
Le principal suspect est un ancien employé de l’entreprise, licencié peu avant l’incident. Ce qui l’accable ? Un relevé téléphonique qui le situe proche des lieux du crime au moment des faits, et des déclarations bancales et confuses.
Il est jugé en première instance au Tribunal à Porrentruy. Tout au long de l’audience, il martèle son innocence, mais le juge Pascal Chappuis le reconnait coupable des faits. Les propos incohérents du prévenu et d’autres indices l’ont mené à cette conclusion. Le suspect écope de 20 mois de prison avec sursis, et 40 000 francs pour tort moral et de frais de justice. L’homme, reconnu coupable, interjette appel de cette décision.


Silence du prévenu

Invité à répondre aux questions des juges, le prévenu a préféré garder le silence, mercredi matin, lors de l’ouverture de son jugement en appel. Devant cette attitude, l’avocat des victimes et le Ministère Public ont vu un aveu de culpabilité. Pour eux, il ne faisait aucun doute : cet ancien employé de la société réduite en fumée en 2012 était bien l’auteur de l’incendie. En refusant de livrer sa version des faits, il reconnaissait être impliqué dans l’affaire.

 

Preuves insuffisantes

Pour l’avocat du prévenu, un tel jugement ne pouvait être rendu : son client avait droit à la présomption d’innocence. Selon lui, cette affaire manquait cruellement de preuves, et il n’était pas possible de l’accabler sur ces seuls motifs. Il a demandé d’ordonner des compléments de preuves : une nouvelle analyse pyrotechnique, ou encore l’audition d’un nouveau témoin. La Cour n’a pas répondu favorablement à ces demandes. L’audience s’est donc poursuivie avec les plaidoiries des avocats : « Pour juger, il faut comprendre. Pour comprendre, il faut des preuves. Or, celles que nous avons aujourd’hui sont insuffisantes », telles ont été les premières paroles de l’avocat du prévenu.  Il a dénoncé une instruction bâclée, qui ne laissait aucune chance à son client de prouver son innocence.

 

Présomption d’innocence

Après les interventions de l’avocat des victimes et du Ministère Public, qui reconnaissaient tous deux la culpabilité du prévenu, les juges ont rendu leur verdict.  « La Cour n’a pas acquis la conviction que cet homme est bel et bien l’auteur de l’incendie de l’ancien moulin des Breuleux ». La Cour a cependant relevé que les justifications du suspect, tenues en première instance, étaient très mauvaises. Or, aucun élément matériel objectif n’a permis d’arriver la conclusion qu'il était coupable des faits. Le suspect n’a pas été vu sur les lieux, aucun mobile ou mode opératoire n’a pu être établi. La présomption d’innocence a primé dans cette affaire. Le prévenu a donc été libéré des accusations qui pesaient contre lui. Les 20 mois de prison avec sursis et les 40 000 francs de dommages et intérets et de frais de justice ont été annulés.\cto


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