Des ados bien dans leur peau

Des cours de confiance en soir. Depuis 2016, le projet « MoiCmoi » a été mis en place par la ...
Des ados bien dans leur peau

Des cours de confiance en soi. Depuis 2016, le projet « MoiCMoi » a été mis en place par la Fondation O2 du canton du Jura. L’expérience a notamment été lancée dans l’école secondaire du Noirmont

Le bien-être, mêlé à des leçons d'histoire : Annabelle Gaume apprend aux élèves que les dictats de la mode changent selon les époques. Le bien-être, mêlé à des leçons d'histoire : Annabelle Gaume apprend aux élèves que les dictats de la mode changent selon les époques.

Le bien-être s’apprend en classe. A l’école secondaire du Noirmont, les élèves sont amenés à réfléchir au bien-être. L’établissement participe au projet « MoiCMoi », proposé par la Fondation O2 du canton du Jura. Cette expérience consiste en des leçons un peu particulières où les ados sont amenés à parler de l’apparence physique, de l’alimentation, ou encore du sport. Le but ? Promouvoir une image de soi positive et des habitudes de vie saines.

 

 Ryan Gosling a une belle barbe

Annabelle Gaume, enseignante et médiatrice à l’école secondaire du Noirmont, vient tout juste de commencer ces leçons avec ses élèves de 9ème HarmoS. Elle colle des photos de stars sur le tableau : cinq femmes, cinq hommes. Les élèves font les yeux ronds, ils ne comprennent pas bien où leur professeure veut en venir. « Voilà, vous allez chacun me dire qui sont la plus belle femme et le plus bel homme selon vous. »
D’abord intimidés, les élèves finissent par s’avancer. Ils ont cinq minutes pour choisir qui de Taylor Swift, Kim Kardashian ou encore Kirsten Stewart est la plus jolie. Et qui de Ryan Gosling ou Stromae leur plaît le plus. Les adolescents pouffent, les filles se concertent alors que les garçons font la moue. Après cinq minutes, Annabelle Gaume récolte leurs impressions : Kim Kardashian l’emporte, de loin, Stromae aussi. Ryan Gosling a un peu moins de succès, même si l’un des élèves concède : « J’aime bien sa barbe. »

 

Quel modèle de beauté... à la Préhistoire ?

Classer des stars sur des critères de beauté à l’école ? L'idée peut paraître saugrenue. Pourtant, l'objectif est bien de faire s'exprimer les jeunes : « C’est une approche détournée pour les faire parler de leurs goûts, mais aussi des dictats de la beauté, des stéréotypes », explique Annabelle Gaume. En effet, après les photos de célébrités, place au diaporama : l’institutrice interroge les élèves sur l’évolution des « styles ». Si aujourd’hui, les magazines mettent en avant la minceur, c’était plutôt les femmes bien en chair qui étaient modèles de beauté à la Préhistoire. Annabelle Gaume tend ainsi à faire réaliser aux élèves que ce que l’on trouve beau dépend des goûts, mais aussi des époques. Une leçon qui a plu aux élèves. Lenny admet que cela permet de savoir « ce que pensent les autres » ; les jeunes gens disent ne pas parler souvent de « beauté » entre eux.

 

Reportage dans la classe de 9ème HarmoS d'Annabelle Gaume :

"MoiCMoi", un projet voué à s’étendre

Pour leur professeure, il s’agit bel et bien de permettre aux élèves d’aborder des thématiques difficiles à l’heure de l’adolescence : « Le corps, l’apparence, toutes ces choses liées au fait d’être bien dans sa peau et bien dans sa tête. On tient à les aider à appréhender cette période avec le plus de sérénité possible. Leur montrer également que l’on est tous différents,  que chacun a droit à cette différence. Ça peut aussi aider à minimiser le harcèlement », déclare Annabelle Gaume. Différentes fiches sont à disposition des professeurs qui prennent part au projet, afin d’aborder ces thématiques. Aujourd’hui, quatre écoles du Jura et quelques établissements du Valais ont tenté l’expérience. Stéphanie Mertenat Eicher, cheffe de projet à la Fondation O2, a reçu de très bon retours de la part d’enseignants et d’élèves qui participent à « MoiCMoi » : « Ils apprécient particulièrement de pouvoir discuter librement en classe de ces sujets. » Le projet va être proposé à toutes les écoles du canton du Jura pour la rentrée 2018, « mais on ne veut pas l’imposer. C’est une expérience que les professeurs et la direction doivent être motivés à mettre en place », ajoute Stéphanie Mertenat Eicher. Plus d’informations sur ce programme pédagogique sur MoiCMoi. \cto


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