Les Jurassiens se prononcent sur l’avenir des déchets nucléaires

Faut-il poursuivre les études sur les sites retenus pour l’entreposage des déchets nucléaires ...
Les Jurassiens se prononcent sur l’avenir des déchets nucléaires

Faut-il poursuivre les études sur les sites retenus pour l’entreposage des déchets nucléaires ? C’est une question qui sera posée aux Jurassiens lors des votations du 4 mars prochain.

Image d'urne Photo : archives

C’est un objet cantonal qui a peu fait parler jusqu’ici. Pourtant, le 4 mars prochain, les Jurassiens ne se rendront pas aux urnes que pour No Billag et le nouveau régime financier 2021. Ils devront se positionner sur la question de l’entreposage des déchets nucléaires, ou plus précisément la poursuite des études sur les sites retenus.


Exception cantonale


Dans les faits, la Confédération met en consultation sa phase 2 pour le stockage de déchets radioactifs. Tous les cantons sont consultés, de même que les partis et autres organisations concernées. Le but est de retenir au terme de cette phase 2 au moins deux sites qui feront l’objet d’une étude approfondie pour aboutir à des demandes d’autorisation générale pour un dépôt en couches géologiques profondes. Le Jura est appelé à se prononcer sur les six sites retenus pour l’instant. Mais comme le veut la loi cantonale, le peuple est consulté pour deux d’entre eux, puisqu’ils se situent à moins de 50 km du territoire jurassien.


Deux questions pour 118


La Confédération a déjà pris une orientation et souhaite ici la faire valider. Le formulaire auquel nos autorités cantonales doivent répondre se compose de 118 questions. Mais la population doit pour sa part se positionner sur deux questions  : accepte-t-elle que les études se poursuivent sur le domaine d’implantation Jura-Est dans le canton d’Argovie et qu’elles soient stoppées sur celui du Pied sud du Jura, entre l’Argovie et Soleure.


Le Gouvernement jurassien suit la Confédération


Il prône le oui dans les deux cas et affirme ainsi sa confiance dans la démarche de la Confédération. Une confiance renforcée par le fait que les travaux de la Nagra, la société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs qui mène une partie de ses recherches dans les laboratoires du Mont Terri, seront examinés avant tout entreposage.


Un vote non déterminant


Comme indiqué, cette votation fait partie d’une consultation beaucoup plus large. La position exprimée par les Jurassiens au sortir des urnes sera prise en compte, mais parmi les positions des 26 autres cantons. Et l’on tendra vraisemblablement une oreille plus attentive envers ceux qui sont les premiers concernés. D’autres groupes d’intérêt ne manqueront pas non plus de faire entendre leur voix.
Le processus reste cependant encore long. Le Conseil fédéral devrait arrêter son choix d’ici la fin de l’année. La phase 3 d’examen approfondi pourra alors commencer pour les sites retenus, mais ne s’achèvera pas avant le début des années 2030 où le peuple sera consulté en cas de référendum. Les premiers enfouissements ne devraient pas pouvoir se faire avant 2050 environ…


Une question qui divise


Des oppositions se font jour, et remettent en cause en particulier les méthodes de recherches des spécialistes de la Nagra. Un dossier de deux experts indépendants, Walter Wildi et Marco Buser, met en avant certaines lacunes, comme la prise en compte de la durée de dangerosité des déchets nucléaires qui peut aller jusqu’à un million d’années, de la corrosion des matériaux de stockage, des conséquences d’une éventuelle nouvelle glaciation. Ce qui explique certainement que la question divise, notamment au sein des Verts jurassiens. Même si tout le monde s’accorde sur le fait que le traitement des déchets nucléaires doit se faire en Suisse. C’est d’ailleurs ce que prévoit la loi. /ich
 


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