L’affaire des coups de feu près d’une discothèque de Delémont devant la Cour pénale cantonale

L'auteur des coups de feu devant le Stage Club à Delémont faisait appel mardi de sa condamnation ...
L’affaire des coups de feu près d’une discothèque de Delémont devant la Cour pénale cantonale

Un homme comparaissait mardi devant la Cour pénale de Porrentruy. Il faisait appel d’une décision de justice rendue en juin 2017. Il avait été condamné à huit ans de prison ferme pour délit manqué de meurtre

(Photo: archives)

Les faits remontent à février 2015. Un homme a tiré à plusieurs reprises sur deux autres personnes à la sortie du « Stage Club » à Delémont. L’un des plaignants a insulté l’amie du prévenu. Cette injure, perçue comme une véritable provocation par le plaignant a ensuite conduit les deux hommes à en venir aux mains une première fois avant d’être séparés. Le prévenu a été conduit dehors alors que l’autre homme est resté à l’intérieur. Mais le prévenu a attendu que l’autre homme sorte pour continuer l’altercation. Entre-temps, le second plaignant est arrivé sur les lieux. Après s’être battus, le prévenu est allé chercher une arme dans sa voiture. Il a fait feu à deux reprises sur l’un des plaignants, le blessant au ventre. Il a ensuite tiré dans la direction du second qui s’enfuyait.

 

 

Une rixe plutôt qu’une agression

 

Dans cette affaire, la défense a voulu nuancer la responsabilité de son client. Selon elle, il s’agit d’une rixe, comprenez une altercation violente entre plusieurs personnes. Ce n’est pas une agression. Ses avocats, Me Hubert Theurillat et Me Yaël Hayat, estiment que les plaignants ont également eu leur rôle à jouer dans le déroulement des faits. Selon eux, le prévenu n’a fait que répondre aux multiples provocations des plaignants. En ce qui concerne les coups de feu, ils maintiennent que leur client n’a jamais eu l’intention de tuer ou de blesser, mais qu’il voulait leur faire peur en tirant des coups de semonce. Me Hubert Theurillat explique les blessures par le fait que l’un des plaignants a tenté de prendre le pistolet des mains de son client, ce qui a fait partir les deux coups qui ont blessé le plaignant à l’abdomen. La défense demandait à ce que la charge de délit manqué de meurtre soit abandonnée au profit de lésions corporelles graves et que le prévenu soit remis en liberté.

 

 

L’intention prépondérante

 

Pour le procureur Daniel Farine, l’enjeu de cette affaire, c’est l’intention dont a fait preuve le prévenu au moment d’utiliser son arme. Selon le magistrat, les éléments du dossier démontrent qu’il voulait en découdre et pas simplement faire peur. Il rappelle que le prévenu a attendu à l’extérieur de la discothèque pendant 30 minutes alors qu’il aurait très bien pu s’en aller. Daniel Farine argumente également que cette volonté d’en découdre est confirmée par le rapport médical et les blessures reçues par l’un des deux plaignants. Pour le magistrat, cela ne fait aucun doute, l’homme a décidé d’utiliser son arme pour mettre fin à l’altercation. Une action qui ne peut pas se justifier selon lui par les éventuelles injures que le prévenu aurait subi.

De leur côté, les avocats des deux parties plaignantes ont souligné des faits gravissimes. Ils ont mis en avant la constance et la précision des déclarations de leurs clients. Pour eux, les coups de feu ne sont pas un accident. Ils ont aussi regretté l’absence de prise de conscience du prévenu, plus de trois ans après les faits.

La Cour pénale présidée par le juge Gérald Schaller doit rendre son jugement mercredi à 16h30. /tna


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