Le marché des fenêtres touché par la concurrence étrangère

La grogne est palpable dans le monde des entrepreneurs jurassiens, plus particulièrement dans ...
Le marché des fenêtres touché par la concurrence étrangère

La grogne est palpable dans le monde des entrepreneurs jurassiens, plus particulièrement dans celui des fabricants de fenêtres. Un secteur qui subit de plein fouet la concurrence des marchés étrangers

Des fenêtres de l'entreprise Domofen à Courgenay. Des fenêtres de l'entreprise Domofen à Courgenay.

Vous avez peut-être déjà aperçu dans la région un camion avec des plaques étrangères décharger des fenêtres. Un phénomène devenu de plus en plus habituel dans le monde de la construction et qui s’est passé à Courrendlin, l’année passée, au moment de la réfection de l’école secondaire.

Sur place, une entreprise delémontaine s’était chargée de l’installation de cette marchandise tout droit venue de Pologne. Rien d’illégal, mais quand on sait qu’à Courrendlin, deux entreprises confectionnent elles-mêmes leurs fenêtres, on peut se poser la question, pourquoi une collectivité publique ne fait-elle pas travailler une entreprise de son village, qui plus est qui produit localement ?

La réponse est dans le prix et dans le système qui régit les marchés publics. Dans le cas de Courrendlin, on avait à faire à une procédure sur invitation. C’est-à-dire que la commune demande une offre à plusieurs entreprises et c’est la moins cher qui l’emporte. Ici, trois entreprises ont été appelées. Les deux du village, plus celle de Delémont.

Résultat : les entités locales proposaient des travaux 26% à 31% plus cher que celle de Delémont. Une différence qui s’explique principalement par le fait que l’entreprise delémontaine se fournit à l’étranger. La situation dérange dans le milieu des artisans jurassiens. Ecoutez le directeur de l’entreprise Domofen à Courgenay, Claude Beynon.

Est-il possible, malgré tout, de favoriser les entreprises qui produisent dans le canton ? Pas vraiment, en tout cas pas sur ce seul critère, puisqu’une fois la demande d’offres lancée, c’est la meilleure marché qui va l’emporter. Si ce n’est pas le cas, l’entreprise lésée est en droit de faire recours.

Possibilité tout de même, imposer des critères restrictifs. Une solution d’ailleurs utilisée par le canton, pour donner un coup d’avance aux entreprises de la région, comme nous l’explique le ministre jurassien en charge des infrastructures, David Eray.

A Courrendlin, ce genre de critères n’a pas été apposé à l’appel d’offres. Une fois lancé, il n’y avait donc plus moyen de revenir en arrière. Pour le nouveau maire de la commune, Joël Burkhalter, c’est avant tout le système de marché public qui est à pointer du doigt. Un système trop lourd et pas assez flexible.

Un changement au niveau fédéral, pourquoi pas confirme les professionnels de la branche, mais ce qu’ils veulent avant tout, c’est une reconnaissance de leur apport à la collectivité qui entrerait dans le calcul, au moment de l’appel d’offres, comme le suggère le futur directeur de l’entreprise Domofen, Fabrice Beynon.

Libéralisation du marché ou protectionnisme, à chacun de faire pencher la balance du côté qu’il voudra. L’équilibre que doivent en tout cas trouver le canton et les communes entre la production locale et le porte-monnaie de la collectivité s'avère subtil. /rgi


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