L’appel de La Tuile

Nouvelle journée au tribunal pour Pierre-André Marchand ce mardi.
L’appel de La Tuile

Le rédacteur du journal satirique Pierre-André Marchand et le caricaturiste Jean-Louis Baume se défendent face à la justice

Pierre-André Marchand Le rédacteur de La Tuile Pierre-André Marchand (photo archive) conteste le jugement rendu à son égard et à celui du caricaturiste Jean-Louis Baume en mai 2017.

Nouvelle journée au tribunal pour Pierre-André Marchand ce mardi. Le rédacteur de La Tuile et le caricaturiste Jean-Louis Baume ont fait appel du jugement prononcé à leur encontre en première instance en mai 2017. Reconnu coupable d’injures et de diffamation suite à plusieurs articles publiés dans le journal satirique entre 2013 et 2016, Pierre-André Marchand avait notamment écopé de 180 jours-amende à 100 francs et de nouveaux frais judiciaires à payer. La somme totale a atteint 66'000 francs. Quant à Jean-Louis Baume, il avait écopé de 15 jours-amende à 80 francs avec sursis pendant deux ans pour diffamation.

 

« Journalisme sadique, pas satirique »

Les deux hommes ont donc fait appel et une nouvelle audience s’est tenue devant la cour pénale à Porrentruy. Et cette journée peut se résumer à une passe d’armes nourrie entre les deux avocats des prévenus et les trois avocats des plaignants au sujet de la liberté d’expression. « On dit que Marchand salit, mais on ne se demande pas pourquoi. Il est un porte-parole des opprimés », a déclaré le défenseur du rédacteur de la Tuile, ajoutant que « l’exercice des libertés est sacré ». La réplique a fusé de la part de l’avocat d’un plaignant, l’ancien directeur de l’EMS de St-Ursanne : « Il n’y a plus de place pour Monsieur Marchand et son journalisme sadique, pas satirique. Il n’a cure de la vérité, son but est de vendre son journal. Les lecteurs sont les dindons de sa farce ». Et d’ajouter au sujet des prévenus : « Ce ne sont pas des Zorro, ce sont des zéros ! ».

 

L’avocat d’un autre plaignant, un élu UDC de Moutier, a estimé que « Monsieur Marchand n’est pas un contre-pouvoir. Il n’y a aucune ironie ni aucun message d’intérêt public dans ses écrits. Il ne force pas le trait, il en crée un. On n’est pas dans la satire ». L’avocate du caricaturiste, au sujet d’un dessin représentant un nazi, a au contraire estimé que «  l’illustration était justement de la satire et n’incitait aucunement à la haine ». Pierre-André Marchand a conclu l’audience en déclarant que l’avocat qui veut le condamner pour insultes l’a insulté pendant les plaidoiries.

 

Quelles limites à la liberté d’expression ? Le juge Gérald Schaller et la cour trancheront. Jugement le mardi 3 juillet. /rch


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus