Peu d’engouement pour le nouvel hymne national

Les paroles modernisées du cantique helvétique, proposées depuis deux ans, ne convainquent ...
Peu d’engouement pour le nouvel hymne national

Les paroles modernisées du cantique helvétique, proposées depuis deux ans, ne convainquent ni les musiciens, ni les communes

La partition avec paroles du nouvel hymne national, qui doit encore passer par un long processus d'acceptation avant de pouvoir être officialisé. La partition avec paroles du nouvel hymne national, qui doit encore passer par un long processus d'acceptation avant de pouvoir être officialisé.

« Sur fond rouge la croix blanche, symbole de notre alliance ». Les paroles du nouvel hymne national suisse sont encore peu connues. Un texte modernisé a été sélectionné en 2015 pour dépoussiérer le cantique. Le projet vient de la Société suisse d’utilité publique, qui avait lancé un concours pour trouver de nouvelles paroles et qui tente maintenant de promouvoir cette version de l’hymne. L’objectif est de la faire peu à peu accepter par la population, avant de déposer une initiative parlementaire pour l’officialiser.

Mais la mayonnaise a de la peine à prendre. Les fanfares et associations musicales sont plutôt sceptiques avec la version française. « Les paroles ne sont pas du tout adaptées à la mélodie », regrette le président de la Fédération jurassienne de musique. Jean-Pierre Bendit a écrit l’an dernier à la Société d’utilité publique pour expliquer ce qui ne fonctionnait pas. « Mais rien n'a bougé », regrette-t-il. 


Textes et paroles pas accordés


Le colonel Philipp Wagner, commandant du Centre de compétence de la musique militaire, a participé au début au comité de réflexion sur le nouvel hymne national. Il était ouvert à l’idée de modifier les paroles, tant qu’on ne touchait pas à la mélodie. Mais le résultat ne le convainc pas : « Le texte français ne correspond pas à la mélodie. Il faut absolument que l’hymne puisse se chanter dans les quatre langues nationales, sinon il faut abandonner le projet ». La fanfare de l’armée suisse ouvre tous ses concerts avec l’hymne national. « Je vais écrire cette semaine à la Société suisse d’utilité publique pour lui dire que cela ne fonctionne pas et qu’il faut laisser tomber. Elle propose maintenant une partition alternative pour la version française, ce n’est pas du tout professionnel », conclut Philipp Wagner. »

Le texte a déjà été adapté il y a deux ans se défend le directeur de la Société d’utilité publique. Pour Lukas Niederberger, « les paroles ne sont pas plus difficiles en français qu’en allemand ou en italien. Il faut simplement prendre le temps d’essayer et répéter quelques fois ». 


Promotion sur le long terme


Lukas Niederberger pense que le nouvel hymne sera peu à peu accepté, mais il s’agit d’un très long processus. Deux cents personnalités soutiennent l’introduction de ces paroles modernisées, dont l’ancien ministre jurassien Pierre Kohler. La Société suisse d’utilité publique, qui est une association privée, a dépensé jusqu’ici 600'000 francs pour la mise en place et la promotion de ce cantique.

Lukas Niederberger invite chaque année les communes à chanter la nouvelle version lors des festivités du 1er août. Celles que nous avons contactées (Tramelan, La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel) préfèrent en rester à la version officielle, qui a déjà pris du temps à s’ancrer plus ou moins dans les mémoires. Seule la ville de Delémont a prévu de distribuer les nouvelles paroles, pour que ceux qui le souhaitent puissent tenter une mise en bouche. /mvr


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