Moutier : à la Confédération d’agir

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Moutier : à la Confédération d’agir

Commentaire: le dossier de Moutier, notamment concernant l’avenir de l’hôpital, continue à jouer le rôle de pomme de discorde entre le Jura et Berne. Et si la Confédération intervenait plus directement ?

Hôpital Moutier Moutier et son hôpital au cœur des tensions entre le Jura et Berne (photo: archives).

Le sort de Moutier – et plus particulièrement de celui de son hôpital - ne cesse d’alimenter la polémique. Annonces, réactions et contre-réactions se succèdent depuis la campagne en vue du vote du 18 juin 2017. Et le rythme s’accélère depuis la mise en vente de l’hôpital prévôtois. La situation semble devenue inextricable mais un acteur peut et même doit permettre de faire bouger les fronts entre les cantons de Berne et du Jura : la Confédération. C’est l’avis de François Comte qui nous livre son commentaire à lire ci-dessous :

 

Un constat tout d’abord : les passions générées lors de la campagne du vote du 18 juin ne se sont pas apaisées. Au contraire, une fois passées les premières semaines qui ont suivi l’annonce du résultat, elles n’ont cessé de croître, à l’initiative – il faut le dire - des partisans de Berne, biens aidés en cela par les autorités bernoises.

Et comme pendant la campagne, les passions continuent à se cristalliser notamment sur l’avenir de l’hôpital prévôtois. La méfiance qui a marqué les relations entre les gouvernements jurassien et bernois a tourné aujourd’hui au rapport de forces. Le rapport de forces n’est pas mauvais en soi et permet de faire évoluer une situation. Il comporte toutefois un danger : il peut pousser la partie opposée à toujours jouer une carte au-dessus, d’où un risque de surenchère avec, au final, la perspective d’arriver, au mieux, à des solutions boiteuses et douloureuses qui créeront de nouveaux ressentiments. Nous n’en sommes certes pas encore là mais la question réside actuellement dans la manière d’éviter une telle issue.

Deux voies permettraient d’éviter de sombrer dans cette spirale. La première mise sur la bonne volonté des uns et des autres. Que chacun parvienne à dépasser son ressenti sans renier ses convictions, qu’un dialogue franc et direct s’installe réellement, que l’intérêt général s’impose et la partie serait gagnée. Il est malheureusement permis d’en douter. La décision sur les recours consécutifs au vote du 18 juin pourrait, certes, changer la donne mais rien n’est moins sûr puisque l’affaire risque fort d’être portée jusqu’au Tribunal fédéral.

Une seconde voie paraîtrait plus judicieuse. Elle nécessite l’intervention d’un arbitre qui est d’ailleurs tout trouvé, à savoir la Confédération qui s’est engagée à accompagner les deux cantons dans leurs négociations. Il est temps aujourd’hui que cet engagement se matérialise dans les faits, au-delà de la convocation d’une nouvelle Conférence tripartite. Dès lors, soit le Conseil fédéral s’engage directement, soit il nomme un ou des médiateur(s) externe(s), avec l’assentiment des deux cantons et de la ville de Moutier. Le pays ne manque pas de sages animés par l’intérêt public et prêts à mettre leurs compétences au service d’une noble cause : l’entente confédérale. Les citoyens de bonne foi de Moutier, de sa couronne, de l’ensemble du Jura bernois ainsi que du Jura – quelle que soit leur opinion - sauraient leur en être reconnaissants.

Quant à ceux qui nourrissent des arrière-pensées, le grand vent de l’histoire les balaiera, et le plus tôt sera le mieux… /fco


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