Une course-poursuite le mène devant la justice

Un jeune homme comparait devant le Tirbunal de Moutier à la suite de cambriolages dans plusieurs ...
Une course-poursuite le mène devant la justice

Un jeune homme comparait devant le Tribunal de Moutier à la suite de cambriolages dans plusieurs villas du Jura bernois, ainsi qu’une course-poursuite avec la police entre Sonceboz-Sombeval et Tavannes en février 2018. Il risque une peine de trois ans de prison

La justice bernoise rendra son verdict mercredi dans cette affaire La justice bernoise rendra son verdict mercredi dans cette affaire

Le Tribunal de Moutier s’est penché sur une affaire de cambriolages et sur une course-poursuite lundi. Le prévenu est un jeune Français de 23 ans issu de la communauté gitane. Il doit répondre d’infractions graves à la loi sur la circulation routière, de vols en bande, de dommages à la propriété et de violations de domicile. L’accusé est placé en détention provisoire depuis le 1er février 2018, date à laquelle il a été arrêté.

 

Le prévenu risque trois ans de prison ferme

 

Le Ministère public demande une peine de trois ans de prison ferme, ainsi qu’une expulsion du territoire helvétique dans un délai maximum de cinq ans. Lors de son réquisitoire, le procureur a pointé du doigt le manque de crédibilité du prévenu, qui aurait donné cinq versions différentes des faits au cours de la procédure. Il a également accusé le jeune, et ses acolytes, de n’être venus en Suisse qu’avec un seul objectif, celui de voler. Le prévenu n’a en effet pas agi seul, deux autres jeunes sont aussi impliqués dans l’affaire.

 

Les vols ont été commis entre le 30 janvier et le 1er février 2018. Au total, huit cambriolages, ou tentatives de cambriolages, figurent dans l’acte d’accusation. La plupart concernent des villas dans le Vallon de St-Imier, et deux étaient dans la région zurichoise. Pendant que l’un faisait le guet dans la voiture, les autres pénétraient dans les logements pour y dérober bijoux, montres et autres objets de valeurs. Montant du butin : près de 30'000 francs. Le prévenu, souvent conducteur, serait entré dans deux ou trois villas, les déclarations des personnes impliquées divergent à ce propos.

 

Puis c’est le 1er février, peu après le dernier vol, que l’accusé commet le délit le plus grave qui lui est reproché : la course-poursuite avec la police. Pour se soustraire à un contrôle à la gare de Sonceboz-Sombeval, le jeune homme, sans permis de conduire, prend la fuite en direction du Pierre-Pertuis, malgré les sirènes et les feux bleus. Selon l’acte d’accusation, et une vidéo filmée depuis la voiture de police, le prévenu a accéléré jusqu’à 120 km/h dans le 50, il a brûlé un stop et un feu rouge, et a fait des dépassements dans des virages sans visibilité.

 

« Il n’a pris aucune décision dans ces cambriolages, et a été traité de poule mouillée »

 

Y-a-t-il alors eu délit de chauffard ? La défense conteste, elle estime, qu’il n’y a pas eu de mise en danger de la vie d’autrui, vu que la police a pris la décision de commettre les mêmes infractions pour le rattraper. Ce à quoi le Ministère public a répondu que la loi est identique pour tout le monde et que le policier au volant ce jour-là serait aussi entendu.

 

Les avocats réfutent aussi les accusations de vol en bande et par métier, ainsi que de dommages à la propriété et de violations de domicile. Dans leurs plaidoiries, ils ont expliqué que le prévenu n’avait pas été co-auteur des vols, mais simple complice, et qu’il n’était même pas au courant de tous les cambriolages, puisqu’il dormait à l’arrière de la voiture lors de deux d’entre eux.

Le manque d’organisation et de systématique a aussi été mis sur la table, ce qui ne correspond pas au vol par métier. Les avocats ont aussi tenu à mettre en avant les regrets sincères exprimés par le prévenu, qui affirme avoir appris la leçon au cours des huit derniers mois passés en prison. Ils soulignent aussi le manque d’éducation dont a bénéficié l’accusé, puisqu’il a quitté l’école à l’âge de 13 ans. Pour ces raisons, la défense demande une peine plus clémente de deux ans et demi de prison, dont neuf mois ferme, pour infraction à la loi sur la circulation routière et vol simple. Compte tenu de la peine déjà purgée de manière anticipée, le prévenu sortirait de prison dans deux semaines.

 

La justice bernoise rendra son verdict mercredi après-midi. /mdu

 


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus