Ils risquent la prison pour avoir joué les pyromanes

Quatre jeunes bernois comparaissent depuis mardi devant le juge pénal à Porrentruy, accusés ...
Ils risquent la prison pour avoir joué les pyromanes

Quatre jeunes bernois comparaissent depuis mardi devant le juge pénal à Porrentruy, accusés d’avoir allumé des feux à Vendlincourt, sur l’A16 puis à Saignelégier lors de l’été 2016

 Image : illustration

De 200 jours amendes jusqu’à 2 ans de prison avec sursis pour avoir joué les pyromanes. C’est l’échelle des peines requise par le Ministère public jurassien dans le procès de quatre jeunes bernois qui s'est ouvert mardi devant le juge pénal à Porrentruy. Ils sont accusés d'avoir mis le feu à une cabane à Vendlincourt, au camping de Saignelégier mais également sur une route et sur l’A16 lors de l'été 2016.

 

Automobilistes et campeurs effrayés par une barrière de flammes

« C'est une grosse bêtise. Une erreur de jeunesse », avoue tête basse l'un des prévenus. Un soir d'été de juin 2016, trois amis, âgés de 18 à 20 ans, vont faire des grillades à la cabane forestière des Grisettes à Vendlincourt. Tout dérape lorsqu’ils décident d’aller acheter de l’essence pour la déverser sur le grill. La charpente de la cabane qui l’abrite finit calcinée. Un arbre de 20 mètres situé à proximité termine lui aussi en feu de joie selon les dégâts constatés. Les apprentis pyromanes ne s'arrêtent pas là et vont déverser 25 litres d'essence sur l'A16 à hauteur de Courgenay. Se dresse alors une barrière de feu de plus d’un mètre de haut devant les automobilistes effrayés. Deux des comparses, accompagnés d’un quatrième prévenu, recommenceront deux mois et demi plus tard, fin août, sur une route de Saignelégier. Ce soir-là, ils tracent également des cercles d'essence autour d’une caravane et d’une tente, toutes deux occupées, au camping du chef-lieu avant d'y mettre le feu. Un homme présent dans la caravane ce soir-là décrit un mur de feu. Il dit avoir eu peur pour sa vie et être hanté, aujourd’hui encore, par ces effrayants souvenirs. « Est-ce que vous vous rendez compte de la gravité de vos actes ? » questionne la procureure. « Oui, c'est grave » répond l'un des prévenus. « On ne recommencera plus, on doit être puni », insiste encore un autre.

 

« On a frôlé la catastrophe », tonne la procureure

Tous reconnaissent les faits avec des degrés de responsabilité diverses, mais leurs propos minimisent souvent l’ampleur des dégâts… et des potentielles conséquences dramatiques. « On a frôlé la catastrophe », tonne la procureure. Elle égrène les 17 bouteilles d'essence déversées sur l'A16, rappelle que les auteurs ont « attendu d'apercevoir les voitures qui arrivaient avant de mettre le feu ». Difficile d'ignorer le danger avec de tels moyens selon le Ministère public. Pour les responsables de l'Office fédéral des routes et de l'infrastructure présents au procès, des automobilistes auraient pu s'arrêter sur les flammes ou causer un accident en freinant brusquement. « Mais ils ont eu le temps de s'arrêter, il n'y a pas de mise en danger concrète ! », rétorquent les avocats des prévenus, témoignages à l'appui. « On veut faire dans le sensationnel », dénonce même l’un d’eux. La défense joue la carte de l'insouciance, de la « connerie de jeunesse », quand la procureure avance la préméditation. La lecture qu'en fera la juge pénale pourrait avoir une influence considérable sur la peine. Le jugement sera rendu mercredi matin. /jpi

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