Une virée nocturne qui aurait pu très mal tourner

Trois jeunes hommes sont confrontés au Tribunal pénal à Porrentruy depuis lundi matin. Ils ...
Une virée nocturne qui aurait pu très mal tourner

Trois jeunes hommes sont confrontés au Tribunal pénal à Porrentruy depuis lundi matin. Ils comparaissent pour plusieurs faits de brigandage, dont un cas aggravé, qui a potentiellement mis la victime en danger de mort

Un procès s'ouvrait lundi matin au Palais de Justice de Porrentruy (image : illustration) Un procès s'ouvrait lundi matin au Palais de Justice de Porrentruy (image : illustration)

« C’est pas moi, c’est les autres. » Une phrase qui a résonné souvent lundi matin, dans la salle d’audience du Tribunal pénal à Porrentruy. Les trois prévenus ont raconté à tour de rôle cette nuit du 28 décembre 2014 : en sortant d’une soirée arrosée, ils ont erré en voiture dans la capitale jurassienne. Ils cherchaient, selon les versions, à rentrer à la maison, voler de l’argent ou se battre. D’après l’acte d’accusation, ils ont successivement agressé quatre personnes dans le but de leur extorquer de l’argent : d’abord deux personnes à la Rue des Moulins, puis à l’Avenue de la Gare, puis à la Rue de l’Avenir.

Dans le dernier cas, la victime a été laissée ensanglantée et inanimée dans la neige. L’une des tâches des juges sera de déterminer s’il faut considérer qu’elle a été en danger de mort. Elle a en tout cas risqué de graves lésions corporelles, mais a été prise en charge rapidement par la police. Aujourd’hui du côté des plaignants, ce jeune homme dit avoir toujours des séquelles des violences qu’il a subies.

Dans leurs récits, les prévenus ont admis avoir été sur les lieux, mais nié leur implication : ils ont chacun renvoyé la faute sur les autres. En particulier sur un quatrième individu, qui n’était pas présent lundi à l’audience : il était mineur au moment des faits et a déjà été condamné par le Tribunal des mineurs du Jura bernois. Sa peine a d’ailleurs été confirmée en appel.

 

Le Ministère requiert la prison ferme

Dans son réquisitoire, la procureure Frédérique Comte a relevé le caractère inconstant et incohérent des déclarations des prévenus. Elle a remis en doute leur crédibilité, insisté sur ce qui constitue selon elle un cas de violence froide et gratuite, et demandé que soit retenue la circonstance aggravante d’avoir agi en bande.

La procureure a requis 50 mois, quatre ans et demi et cinq ans et demi de prison ferme pour chacun des prévenus. Elle a par ailleurs demandé leur mise en détention immédiate pour raisons de sûreté, car elle juge que les individus risquent de fuir le pays.

L’avocat de la principale victime a attiré l’attention des juges sur le fait que les prévenus n’ont pas semblé se soucier de l’état de santé de son client : ils se sont enfuis alors qu’il gisait inanimé dans la neige. Selon lui, cela montre la gravité de leur comportement. Il demande que les trois jeunes hommes soient reconnus coupables et une réparation pour les torts causés à son client.


La défense plaide l'acquittement

A l’image des prévenus, les trois avocats de la défense ont chargé les autres pour amoindrir le rôle de leur client respectif. Ils ont plaidé l’acquittement pur et simple, et dans deux cas même demandé une indemnité pour tort moral. Les trois prévenus ont profité d’un dernier temps de parole après les plaidoiries pour exprimer un regret tardif. La Cour rendra son verdict mardi après-midi. /nbe


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