Le Jura réaffirme son engagement dans la lutte contre le travail au noir

Le Gouvernement a signé la Charte jurassienne concernant le respect de la convention nationale ...
Le Jura réaffirme son engagement dans la lutte contre le travail au noir

Le Gouvernement a signé la Charte jurassienne concernant le respect de la convention nationale du secteur principal de la construction. Le texte vise également à lutter contre le travail au noir dans les marchés publics

Les
ministres David Eray (à gauche) et Jacques Gerber signent la Charte, sous le
regard de Loïc Dobler (en haut à gauche) et Pierre Parietti.  Les ministres David Eray (à gauche) et Jacques Gerber signent la Charte, sous le regard de Loïc Dobler (en haut à gauche) et Pierre Parietti. 

 

Un nouvel outil voit le jour pour lutter contre le travail au noir sur les chantiers des marchés publics jurassiens. La Charte jurassienne concernant le respect de la convention nationale du secteur principal de la construction a été signée ce mercredi au nom du Gouvernement jurassien par les ministres David Eray et Jacques Gerber. La lutte contre le marché noir sera améliorée par l’introduction de la carte professionnelle.

 

Une démarche importante

Le président du Gouvernement jurassien, David Eray, a souligné « la fierté » qui l’habite. Son collègue, Jacques Gerber, ministre de l’économie, a abondé en son sens, évoquant, en parlant du travail au noir, l’importance de lutter conte « un comportement individuel inacceptable ». Sur la base de chiffres, le vice-président de la CPJ (Commission paritaire jurassienne du bâtiment et du génie civil) a souligné l’exposition importante du marché du travail : « En Suisse, entre 6% et 8% du produit intérieur brut sont touchés par le travail au noir », affirme Pierre Parietti. Dans le Jura, 42 contrôles ont débouché sur des soupçons sur des chantiers et dans le secteur de la construction en 2017. Toujours d’après le vice-président de la CPJ, de nombreux acteurs souffrent de cette situation : les autorités fiscales, les assurances sociales, la clientèle et surtout les travailleurs.

 

Une petite carte pour de grands effets

À partir du 1er janvier 2019, toutes les entreprises qui signeront la Charte devront obtenir la carte professionnelle pour chacun de leurs employés. Cette carte, au format carte de crédit, sera nominative et permettra de simplifier les contrôles. D’une part, les cartes seront scannées grâce à une simple application de smartphone. Cela permettra rapidement de déterminer sur les chantiers si les travailleurs sont autorisés à travailler et si leurs employeurs respectent la convention collective de travail de leur branche. D’autre part, l’accès aux chantiers pourrait être régulé par ces cartes, grâce aux portiques sécurisés qui sont déjà en place sur certains chantiers. En cas de fraude, les sanctions pourront tomber beaucoup plus rapidement qu’actuellement. Par exemple, il sera possible de bloquer des chantiers, selon Loïc Dobler. Le représentant des travailleurs pour la CPJ souligne qu’aujourd’hui les sanctions interviennent tardivement. On constate, par exemple, que des amendes sont distribuées après la fin des travaux. Ce n’est pas assez contraignant, d’après Loïc Dobler.

 

Sensibilisation d’autres acteurs

La Charte signée ce mercredi à Delémont a été établie par la CPJ. Le Gouvernement jurassien et la Commission paritaire jurassienne invitent désormais les collectivités publiques et les institutions paraétatiques à apposer leur paraphe au document. L’exécutif cantonal et la CPJ estiment que ce serait un geste fort en la qualité de commanditaires de marchés publics et d’organes de subventionnement. /mle


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