Pas de clémence pour le père accusé d’attouchements sur son fils

L'homme avait été condamné en 2012 pour actes d'ordre sexuels et voies de fait sur son fils ...
Pas de clémence pour le père accusé d’attouchements sur son fils

L'homme avait été condamné en 2017 pour actes d'ordre sexuels et voies de fait sur son fils âgé de 4 ans à l'époque, ainsi que pour pornographie. Il comparaissait mardi en appel

Le procès s'est tenu mardi au Palais de Justice de Porrentruy. (Image : illustration) Le procès s'est tenu mardi au Palais de Justice de Porrentruy. (Image : illustration)

Le père accusé d’actes sexuels sur son fils n’a pas obtenu gain de cause devant le Tribunal cantonal. L’homme avait fait recours après avoir écopé de 12 mois de prison avec sursis en 2017. Le verdict rendu mardi après-midi à Porrentruy ne donne pas raison au prévenu : les juges restent convaincus de sa culpabilité, alors qu’il est accusé d’actes d'ordre sexuel avec un enfant, pornographie et voies de fait. La Cour a ainsi commué sa peine de prison en jours-amende, mais augmenté d’un an la durée de son sursis.

 

C’est une affaire sordide qui revenait devant la justice ce mardi. L’histoire d’un père qui a eu des gestes déplacés envers son fils : gifles et fessées trop fréquentes, mais aussi des attouchements sexuels répétés. Le prévenu clame son innocence, dit avoir été trahi et calomnié par un ami, seul témoin des faits. L’ami en question a d’ailleurs attendu plusieurs mois avant de dénoncer ce qu’il avait vu, et ce sont ses déclarations qui vont déclencher l’appareil judiciaire. Le témoin va se rétracter puis confirmer ses dires : l’avocat de la défense s’appuie sur son inconstance pour le décréter indigne de confiance et affirmer qu’il ment. Un argument que la Cour ne retient pas.


Déclarations crédibles de l’enfant

Et surtout, le procureur Nicolas Theurillat insiste sur ce point : les déclarations de l’enfant sont concordantes et plausibles. L’enfant était âgé de seulement quatre ans au moment des faits, et de six ans lors de sa déposition, il n’était pas encore en âge d’inventer de telles choses. Il a parlé clairement et surtout spontanément des gestes de son père, avec ses propres mots. Selon Nicolas Theurillat, cela montre que l’enfant n’a pas été influencé, comme le clame le prévenu. Le petit garçon ne semble de plus avoir eu aucune intention de nuire à son père non plus : il semble clairement avoir de l’affection pour son père, et ne sait pas que ce qu’il se passe est anormal : cela explique aussi pourquoi il n’a pas parlé des attouchements plus tôt. La version de l’enfant est crédible aux yeux de la Cour également, qui ne note « aucune contradiction ni exagération » dans son récit.


Juges convaincus de la culpabilité du père

La culpabilité du prévenu ne fait donc aucun doute, comme l’explique le juge Gérald Schaller. Il a d’ailleurs lui-même admis certains des faits, notamment des fessées ou des attouchements sur le sexe de son fils. Le prévenu semble avoir un rapport torturé à la sexualité, et avoir du mal à comprendre les limites à respecter avec son fils. Les juges notent toutefois qu’il semble éprouver un amour sincère pour lui et qu’il n’a certainement pas agi pour son propre plaisir sexuel. Raison pour laquelle la peine infligée lui paraît suffisante. Le prévenu écope donc de 360 jours-amende à 60 francs, avec un sursis de 3 ans pour actes d’ordre sexuel avec un enfant. A cela s’ajoute une amende de 300 francs pour voies de fait, et le paiement de 2/3 des frais de justice. L’homme devra par ailleurs suivre un traitement psychothérapeutique et a l’interdiction de consommer tout produit stupéfiant. /nbe


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