Des sociétés privées pour contrôler le stationnement ?

Au milieu des nombreuses tâches des polices locales, le contrôle du stationnement est devenu ...
Des sociétés privées pour contrôler le stationnement ?

Au milieu des nombreuses tâches des polices locales, le contrôle du stationnement est devenu parfois secondaire d’où l’idée du député CS-POP Rémy Meury de déléguer à des sociétés privées comme cela se fait à Moutier

Stationner la journée sans payer, une pratique qui ne susciterait plus la crainte selon Rémy Meury.  Stationner la journée sans payer, une pratique qui ne susciterait plus la crainte selon Rémy Meury.

Le contrôle du stationnement est devenu pour les polices locales une « tâche secondaire » à en croire Rémy Meury qui cite le catalogue « impressionnant » des tâches de la police delémontaine. Pour y remédier, le député CS-POP émet dans un postulat déposé devant le Parlement l’idée de déléguer cette tâche à des sociétés privées. Une formule qui imposerait une modification de la loi car, actuellement, les textes cantonaux ne permettent pas aux communes de déléguer leur pouvoir de police.


« Les voitures ventouses pénalisent les commerçants »

« Nous ne pouvons pas effectuer de contrôle régulier par manque de personnel », reconnaît Damien Chappuis, maire de Delémont. Depuis la fenêtre de son bureau en vieille ville, Rémy Meury constate que bon nombre d’automobilistes stationnent gratuitement et « quasiment sans risque de recevoir une amende » durant une demi-journée voire plus. Forcément, quand le chat est occupé, les souris ne craignent plus la contredanse… et en profitent. « Nous avons peu de roulement sur les places en vieille ville et du côté de la gare à cause des voitures ventouses. Cela pénalise les habitants et les commerçants. Le but n’est pas de lancer la répression, mais que ces places de parc jouent leur rôle. C’est-à-dire qu’elles soient à disposition des personnes qui veulent se rendre en ville et qu’il y ait un roulement suffisant. Envoyer des troupes tous les jours n’est pas le but, mais simplement que l’on sache qu’il y a des passages et qu’il faut quand même faire attention », avance l’élu CS-POP qui pointe le même problème à Porrentruy. En Ajoie, le commissaire Dominique Vallat affirme pourtant que la police communale « parvient encore à assumer cette mission de contrôle en moyenne deux fois par semaine ». Le maire bruntrutain Gabriel Voirol estime, lui, que la réflexion mérite au moins d’être menée au sein du Conseil municipal.


Paiement à l'heure et non au nombre d'amendes

Pour étudier comment fonctionner différemment, les regards vont se tourner vers Moutier qui délègue depuis 2010 le contrôle du stationnement à une société privée. Rémy Meury cite d’ailleurs l’exemple prévôtois dans son postulat. Mais la crainte, c’est que « société privée » rime avec « répression élevée ». « Chez nous la réponse est non, tranche Jean-Jacques Clémençon, conseiller municipal en charge des affaires de police. Le contrat avec la société stipule un paiement à l’heure de travail, pas au nombre d’amendes distribuées. » Autre garde-fou, ces agents, salariés d’une société privée, doivent obligatoirement suivre une formation auprès de la police cantonale. À Moutier, même en payant une société externe, le système reste bénéficiaire pour les comptes de la commune. C’est donc sur ce fonctionnement que le Gouvernement jurassien est éventuellement appelé à réfléchir. Faut-il encore que l’idée, qui peut paraître impopulaire comme le reconnaît Rémy Meury, séduise la majorité des députés. /jpi


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