Piéton fauché aux Emibois : peines de 6,5 et 4 ans de prison requises

Le procès de deux automobilistes s’est ouvert lundi à Porrentruy, suite au décès tragique d’un ...
Piéton fauché aux Emibois : peines de 6,5 et 4 ans de prison requises

Le procès de deux automobilistes s’est ouvert lundi à Porrentruy, suite au décès tragique d’un jeune Franc-Montagnard de 21 ans en 2016

La H18 aux Emibois Vers le lieu du drame, aux Emibois (archives).

Le drame avait ému toute la région en 2016. Un jeune Franc-Montagnard de 21 ans violemment percuté par une voiture a perdu la vie dans la nuit du 11 au 12 novembre aux Emibois. Il traversait la route sur un passage piéton éclairé en compagnie de sa petite amie. Cette dernière a été sauvée par son compagnon qui l'a poussée avant le choc. Le procès du chauffeur qui avait poursuivi sa route après la collision s’est ouvert lundi matin au Tribunal de première instance à Porrentruy. Un deuxième prévenu qui suivait dans un autre véhicule se trouve aussi devant la justice.

Le premier prévenu, l’auteur de la collision, encourt une peine de six ans et demi de prison ferme. La procureure Frédérique Comte estime qu’il doit être reconnu coupable de meurtre par dol éventuel. La défense, elle, n’évoque que l’homicide par négligence. Elle a plaidé pour une peine assortie du sursis. Le prévenu, en larmes en début d’audience, a demandé pardon. « Je n’ai jamais voulu faire une chose pareille. J’aurais freiné si j’avais vu quelqu’un traverser ». Mais selon les enquêteurs, ses déclarations ont varié tout au long de la procédure. Il a pris le volant sous l’emprise d’alcool, mais affirme qu’il se sentait bien et, surtout, n’avoir rien vu au moment de l’accident. La procureure estime pourtant qu’il n’y a pas de place au doute dans ce dossier : « Le prévenu est dans une incapacité crasse à assumer », a-t-elle dit, pointant aussi un comportement indécent.

 

Quel rôle pour le deuxième prévenu ?

Le deuxième prévenu était en compagnie du premier dans un établissement de Saignelégier, le soir du drame. Ils l’ont quitté quasi simultanément et ont pris la direction du Noirmont, chacun dans son véhicule. La justice doit déterminer l’influence du deuxième prévenu dans le comportement du premier, et notamment s’il y a eu course-poursuite entre les deux. Un fait qui pourrait expliquer la vitesse excessive lors de la collision avec la victime aux Emibois. La procureure a demandé une condamnation de quatre ans de prison ferme. Elle estime que le deuxième prévenu est impliqué dans l’accident et qu’il a vu ce qui s’est passé. « Il n’a aucune prise de conscience et modifie ses déclarations en procédure », a dit Frédérique Comte. L’homme, lui, conteste tous les faits. « Je n’ai pas suivi le premier prévenu de près. Il m’a dépassé et j’ai roulé normalement. Je n’ai aucune influence sur cette affaire », a-t-il déclaré. Son avocat a demandé son acquittement pur et simple.

Notez encore que les parents et la petite amie de la victime étaient présents au tribunal. « Nous espérons que la justice fasse son devoir », ont-ils dit sobrement. Le père, lui, a déclaré avoir toujours la haine et qu’il ne lui sera pas possible de pardonner. La juge Marjorie Noirat rendra le verdict de la cour ce mardi à 17h. /rch


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