Loi sur les armes : un « oui » pour la sécurité et l’économie

Un comité jurassien a présenté ce matin ses arguments en faveur de la révision de la loi sur ...
Loi sur les armes : un « oui » pour la sécurité et l’économie

Un comité jurassien a présenté ce matin ses arguments en faveur de la révision de la loi sur les armes, c’est surtout la menace d’une sortie de Schengen qui est redoutée

Les tireurs sportifs devront prouver qu’ils sont membres d’une société de tir, ou démontrer qu’ils tirent régulièrement à raison d’au moins une fois par an. (Photo d'illustration) Les tireurs sportifs devront prouver qu’ils sont membres d’une société de tir, ou démontrer qu’ils tirent régulièrement à raison d’au moins une fois par an. (Photo d'illustration)

Pour eux, c’est « oui » à la révision de la loi sur les armes. Un comité jurassien, composé de personnalités politiques de gauche et de droite ainsi que de représentants des milieux économiques, a présenté ce matin ses arguments en faveur de l’application de la directive européenne qui sera soumise au peuple le 19 mai prochain. Elle vise, dans l’Union européenne, à interdire les armes semi-automatiques. Mais la Suisse a négocié un statut particulier afin de préserver ses « traditions », notamment pour les militaires et tireurs sportifs. Refuser la loi aurait, selon les partisans du oui, de graves conséquences sécuritaires mais surtout économiques.


Sur les armes rien ne change, ou presque

Le conseiller national socialiste Pierre-Alain Fridez est d’ailleurs en colère après avoir lu la presse du matin. « J’entends et je lis des choses aberrantes. Par exemple, que nous n'aurions pas de problème pour rester dans l’espace Schengen en cas de refus, que les sociétés de tirs seraient en danger, qu’on ne pourrait plus détenir une arme sur le territoire suisse. Justement, les négociateurs suisses ont été excellents et ont obtenu un texte sur-mesure pour préserver nos traditions et spécificités ! », s’emporte presque l’élu de Fontenais qui s’est déjà exprimé sur le sujet dans Place Publique le 17 avril dernier.

Car selon les membres de ce comité de soutien, rien ne change, ou presque, sur les armes en Suisse. En résumé :

- Les militaires pourront garder leur fusil semi-automatique après leur service ;

- Les actuels propriétaires de ces armes devront simplement les déclarer ;

- Les tireurs sportifs devront prouver qu’ils sont membres d’une société de tir, ou, s’ils ne veulent pas être membres, démontrer qu’ils tirent régulièrement à raison d’au moins une fois par an ;

Voilà pour les principaux exemples. Sans oublier les chasseurs pour qui rien ne change non plus. Pourtant le président de la Fédération cantonale jurassienne des chasseurs, Jean-Luc Berberat, a tenu à se joindre publiquement au camp du « oui ». Notamment pour dénoncer la pression imposée par les lobbyistes des armes. « Ils sont venus nous voir pour nous dire que nous n’allions plus pouvoir chasser, ni garder nos fusils. Or ça n’impacte pas les chasseurs, ni les armes qu’ils utilisent ». Heureusement, on ne mitraille pas encore le chevreuil au fusil semi-automatique avec un chargeur de 20 cartouches dans le Jura…


Quitter Schengen, une menace sur la sécurité de nos entreprises et le tourisme

Mais la grande peur des partisans du oui, c’est la menace d’une sortie des accords de Schengen. Si le peuple refuse le référendum, la Suisse aura six mois pour faire ses valises. Sauf si elle obtient le soutien unanime de tous les états membres, ce qui n’est pas acquis et donnerait surtout à nos partenaires européens des moyens de pression dans les négociations. Et c’est en premier lieu la sécurité de nos entreprises qui en pâtirait. « Grâce à Schengen, notre police a pu élucider plus rapidement des brigandages commis sur des entreprises », rapporte Pierre-Alain Berret, directeur de la Chambre de commerce et d’industrie du Jura. Les conséquences se verraient également sur le tourisme, y compris d’affaires. « Les ressortissants chinois, indiens ou des pays arabes auront besoin d’un Visa Schengen et d’un Visa spécifiquement suisse, ce qui compliquera sérieusement leurs voyages », redoute le directeur de la Fédération des Entreprises Romandes de l'Arc jurassien, Vincent Gigandet. Pour ce comité jurassien du « oui », ces conséquences en cas de « non » pèsent beaucoup plus lourd dans la balance que les quelques changements administratifs qui toucheront les armes. /jpi


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