Une nouvelle condamnation pour La Tuile

Le rédacteur en chef du journal satirique a été reconnu coupable mardi de discrimination raciale ...
Une nouvelle condamnation pour La Tuile

Le rédacteur en chef du journal satirique a été reconnu coupable mardi de discrimination raciale et de diffamation par le Tribunal pénal à Porrentruy. Il écope d'une peine pécuniaire ferme de 8500 francs

Pierre-André Marchand a été condamné à une peine pécuniaire ferme de 8500 francs mardi par Tribunal pénal à Porrentruy. (Photo : archives) Pierre-André Marchand a été condamné à une peine pécuniaire ferme de 8500 francs mardi par Tribunal pénal à Porrentruy. (Photo : archives)

La Tuile et son rédacteur en chef sont à nouveau épinglés par la justice. Pierre-André Marchand a été reconnu coupable de discrimination raciale et de diffamation. Le jugement a été rendu mardi après-midi par la juge Marjorie Noirat. Pierre-André Marchand écope d’une peine pécuniaire ferme de 85 jours-amende à 100 francs, suite à la révocation d’un sursis de 80 jours-amende prononcé en 2015.


« Il n’a pas cherché à provoquer mais à diffuser ses idées »

Mardi, Pierre-André Marchand a tout d’abord été reconnu coupable de discrimination raciale par la juge Marjorie Noirat. En cause : une rubrique publiée dans le journal satirique La Tuile en 2017 dans laquelle il avait écrit, en référence au conflit israélo-palestinien : « Durant toute leur histoire, les Juifs ont été des victimes dignes de compassion. Aujourd’hui, ils sont des bourreaux qui suscitent le dégout. » Des propos qui ont été dénoncés par la CICAD, La coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation.

La défense a affirmé que Pierre-André Marchand n’était pas antisémite et que son objectif était de dénoncer des actes commis à l’encontre des Palestiniens. « La satire vise à provoquer et il utilise ces moyens pour faire réagir ses lecteurs », ont déclaré ses défenseurs.

Mais pour la juge, le contexte d’actualité auquel Pierre-André Marchand faisait référence n’était pas mentionné dans l’article et il n’a pas cherché à provoquer, mais à diffuser ses idées en se servant de son journal.


« Je n’ai jamais accusé personne de vandalisme »

Le second cas concerne des propos de Pierre-André Marchand relatés dans la presse en 2017. Ils faisaient suite à des actes de vandalisme commis sur sa maison à Soulce. Questionné à l’époque par un journaliste, Pierre-André Marchand avait alors déclaré : « Je pense aux tireurs, mais je ne vise personne. » C’est cette phrase qui a poussé trois membres d’une société de tir locale à porter plainte pour diffamation. Selon-eux, ces propos jettent le discrédit sur eux et leur association.

Mardi matin, Pierre-André Marchand s’est défendu en disant qu’il n’avait accusé personne et qu’il ne faisait que s’exprimer. C’est d’ailleurs la thèse défendue par son avocat, Me Jean-Marie Röthlisberger. « Pierre-André Marchand n’a fait que dire ce qu’il pensait et n’a rien affirmé, a-t-il déclaré. Nier cette possibilité, c’est nier la liberté d’expression. »

Dans ses propos, le rédacteur en chef de La Tuile fait références « aux tireurs » et selon son avocat, il n’y a aucun moyen d’établir qu’il s’agisse des trois plaignants, ce qui écarte la diffamation. Mais pour la juge, Pierre-André Marchand a bien cherché à nuire aux tireurs. Elle a rappelé que le fait d’émettre même de simples soupçons relève de l’atteinte à l’honneur et qu’il fallait donc retenir le motif de diffamation.


Une plainte pour injure jugée irrecevable

Enfin, Pierre-André Marchand a été libéré du chef d’inculpation pour injures. La plainte d’un élu du canton de Berne, qui n’était pas présent à l’audience, a été jugée irrecevable car elle n’était pas datée. Il était impossible de savoir si elle avait été déposée dans le délai imparti de trois mois.

Mardi, la Juge a qualifié la faute de Pierre-André Marchand de « relativement grave », en précisant qu’il ne semblait pas prendre conscience de ses actes. « Il invoque la liberté d’expression, mais elle ne justifie pas tout » a-t-elle déclaré au moment de motiver son jugement. /tna


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