50 ans, toujours dans l’air du temps

L’association Emmaüs fêtera vendredi les 50 ans de son manifeste universel, texte qui a lancé ...
50 ans, toujours dans l’air du temps

L’association Emmaüs fêtera vendredi les 50 ans de son manifeste universel, texte qui a lancé l’internationalisation du mouvement envers les plus démunis à Berne le 24 mai 1969

Le manifeste universel, porté par l'Abbé Pierre le 24 mai 1969 à Berne, a marqué l'internationalisation du mouvement Emmaüs. Le manifeste universel, porté par l'Abbé Pierre le 24 mai 1969 à Berne, a marqué l'internationalisation du mouvement Emmaüs.

C’était il y a 50 ans, dans notre pays, à Berne. Sous l’impulsion de l’Abbé Pierre, le manifeste universel d’Emmaüs voyait le jour le 24 mai 1969. Ce texte qui a entériné les valeurs clés de l’association comme le partage et l’aide aux plus démunis a surtout marqué le début de l’internationalisation du mouvement. Emmaüs International ainsi que les délégués des différentes branches se retrouveront ce vendredi 24 mai au Palais fédéral pour commémorer ce cinquantenaire hautement symbolique. « Mais ce manifeste est plus que d’actualité. C’est un document précurseur, notamment des aspects liés à l’environnement », relève Vincent Chapuis, secrétaire général d’Emmaüs Jura. Parmi les « combats » mentionnés par le texte, on y retrouve en effet la notion de justice sociale et environnementale. « On s’est rendu compte que ce manifeste, c’est l’ADN d’Emmaüs, notre ciment. La nouvelle réflexion est de se nourrir de tout ce qu’il peut nous apporter et l’adapter aux conditions actuelles. Aujourd’hui, le système ne veut plus voir les pauvres, on ne veut les avoir dans nos rues, on ne veut même plus penser que la pauvreté existe. Contre ça, on veut déclarer la guerre », poursuit Vincent Chapuis en reprenant le vocabulaire belliqueux de la dernière déclaration du Forum mondial des alternatives en 2018, ratifiée par Emmaüs.

Vincent Chapuis : « Un document précurseur »

L’association entend justement profiter de ce cinquantenaire pour mêler à l’action un lot de revendications. On l’a pourtant rarement vu s’immiscer dans la sphère politique. Ça va changer, affirme le secrétaire général d'Emmaüs Jura. « On s’est rendu compte au niveau mondial, national et régional, que nous avons été trop discret. L’Abbé Pierre nous demandait pourtant d’exhorter les responsables, les politiques et les citoyens à prendre leurs responsabilités et se réengager. Sur le terrain, on va donc soutenir la grève des femmes le 14 juin. En cette période électorale, nous allons aussi interpeller les candidats en leur demandant d’assumer cette responsabilité de la défense du bien commun. L’Abbé Pierre était un parlementaire qui n’avait pas sa langue dans sa poche. On s’est peut-être assoupi, on a peut-être trop misé sur les aspects pratiques. Ça ne suffit plus ». Devant la crise migratoire observée ces dernières années, la « citoyenneté universelle » prônée par l’association prend une résonance politique particulière. Vendredi à Berne, un cortège partira du Palais fédéral pour se rendre à la « Waisenhausplatz ». La bien nommée « place des orphelins », ces êtres humains fragiles et déracinés qu’Emmaüs entend défendre avec plus de force. /jpi

Vincent Chapuis : « On s'est peut-être assoupi »


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