Cinq ans de prison ferme pour l’avoir « plongée dans l’horreur et l’humiliation »

Le Tribunal pénal à Porrentruy a prononcé une lourde peine à l’encontre de l’homme accusé de ...
Cinq ans de prison ferme pour l’avoir « plongée dans l’horreur et l’humiliation »

Le Tribunal pénal à Porrentruy a prononcé une lourde peine à l’encontre de l’homme accusé de viol et contrainte sexuelle répétée sur sa conjointe, il a immédiatement été placé en détention

C’est l’une des peines les plus lourdes prononcées par le Tribunal pénal à Porrentruy. Un homme a écopé ce jeudi de cinq ans de prison ferme pour des viols répétés et contrainte sexuelle sur sa conjointe, possession de pornographie dure et infraction à la loi sur armes. Soit une peine encore plus sévère que les quatre ans et demi requis mercredi par le ministère public. Les juges ont également prononcé sa mise en détention immédiate, ce père de famille devra par ailleurs payer 20'000 francs à la victime pour tort moral.


« Du rôle de conjointe à celui de proie »

« C’est une affaire sans commune mesure, hors norme par la nature des faits », reconnaît le juge Pascal Chappuis. Il y avait les traitements dégradants et récurrents imposés par le conjoint dans l’intimité du couple. Mais aussi ces autres hommes qu’il faisait venir, tard le soir, afin d’abuser de la victime contre son consentement. « C’est une plongée dans l’horreur et l’humiliation. La plaignante est passée du rôle de conjointe à celui de proie », décrit le président de la cour. Pascal Chappuis insiste sur les déclarations constantes et détaillées de la victime en procédure face aux revirements dans les différentes versions avancées par le prévenu. Un homme par ailleurs accablé par les témoignages de sa propre famille.


Une femme dont on a brisé la résistance

Le magistrat s’appesantit également sur le calvaire d’une femme dont on a brisé la résistance et qui voulait avant tout protéger sa jeune fille. « On en a fait un pantin, une chose. Pour la dissuader de réagir, on agite un taser, on braque un pistolet sur elle en lui disant : tu connais le tarif ? », égrène le juge. L’absence totale de prise de conscience du prévenu n’a pas non plus pesé en sa faveur dans la mesure de la peine. Par le passé, ce ressortissant à la double nationalité franco-suisse a déjà échappé à une peine de six mois prononcée en France en venant s’établir dans le Jura, d’où le placement en détention immédiate afin d’éviter toute autre fuite.

Pour la victime débute désormais le chemin vers une lente reconstruction. « Aujourd’hui je vais très mal, j’ai peur, je ne dors plus. Je mets une clochette sur la poignée de ma porte quand je dors. À l’intérieur de moi, je n’ai plus de vie. Je me trouve sale, je suis dégoûtée », évoquait la plaignante mercredi. Ce qui avait poussé son avocate à déclarer solennellement devant le tribunal : « Aujourd’hui, je veux lui dire que la honte est de violer une femme. Et non pas d’être violée. » /jpi


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