Quatre ans et demi requis pour des viols répétés sur sa conjointe

Un homme comparaît depuis ce mercredi devant le Tribunal pénal à Porrentruy, accusé notamment ...
Quatre ans et demi requis pour des viols répétés sur sa conjointe

Un homme comparaît depuis ce mercredi devant le Tribunal pénal à Porrentruy, accusé notamment d’avoir fait venir d’autres partenaires au domicile conjugal afin d’abuser de la victime et satisfaire ses pulsions

« L’acte d’accusation fait froid dans le dos », lance la procureure en début de plaidoirie. Voilà qui explique en partie la lourde peine de 4 ans et demi de prison ferme, et l’arrestation immédiate, réclamée contre ce conjoint et père de famille. L’homme qui comparaît depuis ce mercredi devant le Tribunal pénal à Porrentruy est notamment accusé de viols, menaces et violences sur son épouse entre 2012 et 2016 en Ajoie. Mais aussi d’avoir fait venir d’autres hommes au domicile du couple afin de satisfaire ses pulsions et abuser de la victime.


« Un bourreau qui sème un climat de terreur »

Ces parfaits inconnus étaient recrutés par petites annonces. Dans l’intimité du couple, la victime se plaint des mauvais traitements et manifeste clairement sa désapprobation comme le montrent des vidéos versées au dossier. « C’est elle qui décidait tout, qui choisissait les partenaires », tente de se défendre le prévenu. Des propos justement contredits par l’un de ces partenaires, le seul entendu en procédure, qui affirme que tous les ordres durant les actes venaient du compagnon. La procureure ne croit pas un instant à la version de la défense et n’hésite pas à décrire « un bourreau qui sème un climat de terreur ». Plusieurs fois, le juge Pascal Chappuis relève des contradictions entre les déclarations du prévenu en audience et celles livrées en procédure. A l’inverse, le Ministère public relève les 10 heures d’audition de la victime (fait rarissime), riches en détails mais aussi en ressentis pour exprimer sa peur et son dégoût. Une peur encore omniprésente aujourd’hui, la plaignante avoue dormir avec une cloche accrochée à la poignée de sa porte.


Plusieurs violeurs potentiels, un seul prévenu

Si un seul prévenu comparaît devant la justice, ils sont en revanche plusieurs « violeurs potentiels », pour autant que ces autres partenaires aient eu conscience de la contrainte imposée à la victime. Le problème est qu’ils n’ont pas tous été identifiés. Un seul d’entre eux est connu et a été auditionné, sans être inquiété. Aucun élément n’a permis de démontrer qu’il savait que la victime effectuait ces actes sexuels sous la contrainte. L’avocat de la défense s’est fortement appuyé sur son témoignage. Il parle d’actes réalisés de manière spontanée, les trois personnes auraient même pris le temps de fumer une cigarette ensemble et ce même homme est revenu plusieurs fois. « C’est en totale contradiction avec le tableau dépeint d’une victime qui pleure pendant les rapports », relève Me Allimann qui plaide le bénéfice du doute. La partie plaignante évoque, elle, des menaces à l’aide d’un taser et violences répétées, également la peur de la victime de ne plus voir son enfant si elle ne se soumettait pas. Le jugement sera rendu ce jeudi en fin de matinée. /jpi


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