L’étude préoccupante du CABI sur le commerce de graines

Des champignons et insectes exotiques ont été retrouvés dans de nombreux lots de semences d’arbres ...
L’étude préoccupante du CABI sur le commerce de graines

Des champignons et insectes exotiques ont été retrouvés dans de nombreux lots de semences d’arbres forestiers provenant de l’étranger, un renforcement des mesures phytosanitaires dans le commerce international est préconisé

Le CABI, situé sur les hauteurs de Delémont, est connu pour ses recherches dans la luttes contre les invasions dans l'environnement. Le CABI, situé sur les hauteurs de Delémont, est connu pour ses recherches dans la luttes contre les invasions dans l'environnement.

Voilà une étude qui pourrait apporter à l’avenir un éclairage sur la provenance de certaines maladies qui touchent les arbres de nos forêts. Des chercheurs du CABI à Delémont et de l’Institut fédéral de recherches WSL ont découvert que des insectes ravageurs et champignons pathogènes sont déjà présents dans les graines qui circulent dans le commerce de semences d’arbres forestiers ! C’est une étudiante de René Eschen, scientifique au CABI - ce centre connu pour ses recherches dans la lutte contre les invasions dans l'environnement - qui a analysé des lots de semences venant d’Amérique du Nord, de Chine et d’Europe. Tous les lots de graines présentent des champignons et 30% d'entre eux sont infestés de larves d’insectes. « C’était une surprise de voir qu’autant de lots de graines étaient contaminés », reconnaît René Eschen qui travaille depuis dix ans au sein du centre de recherche delémontain.

Rencontre avec René Eschen, chercheur ayant participé à l'étude

Pour éviter ces risques, l’étude préconise de revoir les mesures de contrôle dans le commerce international de semences d’arbres. Soit en les traitant efficacement déjà dans les pays exportateurs, ou en renforçant les contrôles phytosanitaires aux frontières. « Il faut plutôt agir directement dans les pays exportateurs, l’idéal est d’avoir abaissé le risque au moment de l’importation. En plus, les graines étudiées n’étaient pas visiblement malades, rien ne le montrait à l’extérieur. Ça veut dire que c’est très difficile à détecter à la frontière », explique René Eschen.


La catastrophe forestière jurassienne pas forcément liée au commerce de graines

Ces organismes nuisibles peuvent ensuite se développer dans nos forêts. Mais est-ce là l’origine de la catastrophe forestière que connaît actuellement le Jura ? Il serait exagéré de le dire et l’étude ne le montre pas précise le chercheur. « On a ici des ravageurs indigènes et exotiques mais qui ne sont pas forcément arrivés par des graines, peut-être via un autre commerce. Par exemple le dépérissement des pousses du frêne que l’on voit partout maintenant, il vient de Chine ou de l’Asie de l’est et a été introduit dans nos régions. » Les scientifiques espèrent désormais que ces résultats remonteront jusqu’aux décisionnaires des mesures phytosanitaires dans le commerce international afin que des mesures concrètes soient développées. /jpi

René Eschen espère des mesures concrètes


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