Les changements climatiques sont visibles dans nos jardins

Avec des étés de plus en plus chauds et surtout de plus en plus secs, des plantes de jardin ...
Les changements climatiques sont visibles dans nos jardins

Avec des étés de plus en plus chauds et surtout de plus en plus secs, des plantes de jardin venues du sud se sentent désormais à l’aise dans le Jura

Le photinia, une plante venue du sud désormais capable de survivre dans le Jura. Photo: wikimedia.org Le photinia, une plante venue du sud désormais capable de survivre dans le Jura. Photo: wikimedia.org

Les sécheresses répétées de ces dernières années changent l’aspect de nos jardins. Depuis quelques années, des plantes d’ornement nouvelles apparaissent dans le Jura. Ces espèces viennent du sud, et sont désormais capables de résister à nos hivers de moins en moins rudes. Les jardiniers et paysagistes contactés par notre rédaction le confirment : on voit pousser dans les alentours des maisons du laurier du Portugal, du photinia, de l’éléagnus ou du bambou, autant d’essences qui ne survivaient pas sous nos latitudes il y a encore quelques années.


Les désirables... et les indésirables

Mais si elles se plaisent chez nous, certaines espèces se montrent envahissantes, finissent par nuire aux plantes indigènes et doivent être interdites. Interrogé sur ce processus, l’Office jurassien de l’environnement renvoie vers la loi cantonale sur la protection de la nature et du paysage. L’article 32 stipule qu’il revient aux propriétaires fonciers et aux exploitants de lutter contre les plantes néophytes envahissantes. Et qu’il est « notamment interdit de semer, vendre, planter ou cultiver les espèces figurant sur la liste noire établie par la Commission suisse pour la protection des plantes sauvages ». Autrement dit, si l’information aux professionnels et le contrôle du respect de la loi sont du ressort du canton, les espèces à éviter sont déterminées au niveau national. Cette tâche s’effectue en collaboration avec la fondation privée d’utilité publique Info Flora, qui établit une base de données nationale de la flore, et également cette liste noire des espèces envahissantes.

Dans sa dernière version d’août 2014, elle recense 40 espèces dont la présence et l’expansion doivent être empêchées en Suisse – on y retrouve la fameuse renouée du Japon ou encore l’impatiente glanduleuse. Il existe également une « watch list », qui réunit à l’heure actuelle 16 plantes à surveiller, dont certaines déjà très présentes dans l’Arc jurassien, telles que l’aster lancéolée ou la symphorine blanche. De jolis noms auxquels il ne faut pas se fier, puisque ces plantes risquent elles aussi, à terme, de nuire aux espèces indigènes.


Des espèces indigènes souffrent de la sécheresse

Alors que de nouvelles essences apparaissent dans la région, certaines espèces traditionnellement présentes dans nos jardins sont en souffrance, à l'image du thuya. Léonie Adrover est allée à la rencontre d'Olivier Ribeaud, pépiniériste à Porrentruy, pour en apprendre davantage.

Quant à savoir si les palmiers pousseront bientôt dans nos contrées, Olivier Ribeaud est prudent : ce sont des plantes n’aiment pas le froid, mais qui résistent encore moins bien à ce froid dans des sols calcaires comme le nôtre, où les infiltrations d’eau font geler les racines. /lad


 

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