Être Bernois ? Inimaginable pour les jeunes Laufonnais

Le 12 novembre 1989 les Laufonnais décidaient de quitter le canton de Berne pour rejoindre ...
Être Bernois ? Inimaginable pour les jeunes Laufonnais

Le 12 novembre 1989 les Laufonnais décidaient de quitter le canton de Berne pour rejoindre celui de Bâle-Campagne, une page de l’histoire qui paraît bien lointaine pour la jeune génération

Laufon et son district ont voté leur rattachement au canton de Bâle-Campagne le 12 novembre 1989. Laufon et son district ont voté leur rattachement au canton de Bâle-Campagne le 12 novembre 1989.

L’époque bernoise, Fabian et Sina ne l’ont pas connue. Ces deux jeunes Laufonnais de 18 ans qui étudient en classe bilingue au lycée cantonal de Porrentruy ignoraient même que l’on fêtait ce mardi 12 novembre les 30 ans du vote qui a fait basculer le Laufonnais du canton de Berne vers celui de Bâle-Campagne. « Je n’étais pas au courant. Et c’est déjà décidé alors je ne peux rien changer », en rit Fabian. Évidemment, ses parents et ses grands-parents lui ont rapidement raconté l’histoire de cette votation. Mais imaginer que le Laufonnais a été Bernois, c’est quasiment inconcevable pour lui.


Une évidence géographique

« Pour moi c’est plus logique de m’identifier à Bâle plutôt qu’à Berne parce que c’est géographiquement plus proche. Quand je sors, je vais à Bâle, éventuellement à Zurich pour un concert. Mais je ne suis jamais vraiment allé à Berne », explique simplement le jeune étudiant. Pour sa camarade laufonnaise Sina, c’est aussi une évidence géographique. Notamment parce que les Laufonnais ont voté leur rattachement à Bâle-Campagne en 1989, soit 10 ans après la création du Jura. « Quand le Jura était encore Bernois, ça faisait encore un peu de sens parce qu’on était au moins géographiquement connecté au canton de Berne. Mais là non, Bâle est beaucoup plus proche que Berne ! Et puis l’accent aussi, on ne parle de la même manière à Laufon qu’à Berne ! », s’étonne Sina.

Sina vit ces questions identitaires de manière plus appaisée que ses camarades jurassiens

« Casser les frontières »

Plus généralement, pour elle comme pour Fabian, parler de frontières n’a plus vraiment de sens. « Par exemple ce projet de la classe bi-cantonale, c’est aussi une volonté de casser ces frontières, on ne parle plus vraiment de ça », lance Fabian. La jeune génération est donc prête et décidée à écrire son histoire sur une page blanche, loin des questions identitaires de leurs parents. /jpi


 

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