18 mois de prison avec sursis requis contre une conductrice après une course folle

Une jeune femme comparaissait ce jeudi devant le juge pénal à Porrentruy pour avoir tenté de ...
18 mois de prison avec sursis requis contre une conductrice après une course folle

Une jeune femme comparaissait ce jeudi devant le juge pénal à Porrentruy pour avoir tenté de semer la police en août 2018 aux Franches-Montagnes. La procureure plaide le délit de chauffard, l’avocat de la défense l’agissement sous la panique

La prévenue avoue avoir roulé à 120 km/h entre Le Bémont et Saignelégier. La procureure retient une précédente déclaration de « 140 km/h » qui tomberait sous le coup du délit de chauffard. La prévenue avoue avoir roulé à 120 km/h entre Le Bémont et Saignelégier. La procureure retient une précédente déclaration de « 140 km/h » qui tomberait sous le coup du délit de chauffard.

La peine requise par la procureure Frédérique Comte est particulièrement lourde. 18 mois de prison avec sursis, confiscation définitive du véhicule et une interdiction de conduire sur le territoire Suisse durant 4 ans à l’encontre d’une ressortissante française qui comparaissait ce jeudi devant le juge pénal à Porrentruy. Sous le coup d’une interdiction de conduire, elle avait échappé en août 2018 à un contrôle de police en fonçant à vive allure entre le Bémont et Saignelégier, dépassé plusieurs voitures avant de s’arrêter, le tout en plein après-midi et sous l’influence de stupéfiants. La prévenue reconnaît les faits. Mais a-t-elle agi intentionnellement et avec froideur ou sous la panique ? De cette nuance cruciale dépendra sans doute l’issue du jugement qui sera rendu ce vendredi après-midi.


« De l’acharnement » selon l'avocat de la défense

« La voiture, c’est une arme dans ses mains. Elle savait qu’elle risquait gros, elle n’a pas eu peur, c’est le comportement d’une personne qui calcule et qui est déterminée ». Aucun doute dans les propos, très sévères, de la procureure Frédérique Comte qui va jusqu’à évoquer une intention criminelle de la prévenue. « C’est de l’acharnement ! » riposte l’avocat de la défense, Me Jean-Michel Conti, dans un climat tendu où les attaques fusent. Entre les deux feux, la jeune femme dit avoir paniqué à la vue des gendarmes, elle qui avait deux amendes impayés et une interdiction de rouler en Suisse sur le dos. Alors elle fonce. « Peut-être jusqu’à 120 km/h » entre Le Bémont et Saignelégier pour échapper à la police. Puis s’arrête en se disant « je suis en train de faire n’importe quoi ».


Bataille autour de la vitesse maximale

« Ma cliente est sincère, honnête. On reconnaît une violation grave de la LCR, on plaide coupable ! », martèle Me Conti. Mais, en face, la procureure n’en démord pas et y voit une culpabilité encore plus grande. Elle énumère les dépassements dangereux, les excès de vitesse importants, les courses de vitesse illicites avec la police durant les cinq kilomètres de cette course folle. En clair, tous les critères constitutifs du délit de chauffard passible de prison. Elle retient même une vitesse de 140km/h au lieu des 80 km/h autorisés, chiffre avancé par la prévenue devant le Ministère public trois mois après les faits alors qu’elle évoquait « 120 km/h » à la police lors de sa première audition. « Une vitesse finalement jamais mesurée et qui laisse place au doute », relève justement l’avocat de la jeune femme qui estime que 240 jours amendes à 20 francs avec sursis durant 4 ans constitueraient déjà une bonne leçon. /jpi


 

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