Toutous pas tous égaux

En ce début d’année, le canton du Jura augmente le montant qui lui est reversé sur la taxe ...
Toutous pas tous égaux

En ce début d’année, le canton du Jura augmente le montant qui lui est reversé sur la taxe au chien perçue par les communes

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C’est un sujet qui a du mordant ! La votation qui a passionné Genève ce week-end, c’est l'abolition de la taxe au chien, décidée le printemps dernier par le législatif cantonal et qui a finalement été refusée dimanche par le peuple. D’un côté, on estimait que c’est un impôt anti-social, de l’autre, que les propriétaires devaient payer pour les frais engendrés par leur toutou. Dans le Jura, le Parlement a fait le chemin inverse de son homologue genevois puisque le montant alloué au canton sur cette taxe passe, en ce début d’année, de 10 à 20 francs par chien.

Le canton a fixé pour cette taxe perçue par les communes une fourchette entre 20 et 130 francs et se réserve une somme de 20 francs, soit une augmentation de 50%, décidée en avril. Ce revenu doit permettre d’atteindre l’équilibre financier dans le traitement des affaires canines par le Service de la consommation et des affaires vétérinaires. Toutefois le SCAV ne peut pas articuler de montant précis puisque les heures dédiées à cette problématique ne sont pas répertoriées.

Les collaborateurs de ce service interviennent par exemple en cas de détention inappropriée, de maltraitance, d’élevage non autorisé ou encore d’importations illégales. Ces cas se traduisent par le séquestre des animaux, des frais de vétérinaires, ou une évaluation comportementale des chiens. Un chiffre nous a été fourni, c’est le nombre de toutous enregistrés sur le territoire cantonal : 9'357, ce qui occasionne un revenu de près de 190'000 francs pour le canton du Jura.


Une taxe propre à chaque commune

Chaque commune a son propre modus operandi. Certaines sont peu gourmandes. Citons Bure qui perçoit 50 francs par animal et qui distingue encore les chiens de ferme, qui eux sont taxés à 30 francs. Dans le village ajoulot, ça représente une centaine de toutous pour trois poubelles à crottes.

C’est 60 francs à Grandfontaine avec deux rouleaux de sacs offerts, et 10 francs de plus au Noirmont.

Plus la commune est importante, plus la taxe prend l’ascenseur. A Haute-Sorne, c’est 80 francs et l’ensemble de ces revenus sont alloués à ce service : entretenir les caninettes, et surtout les vider, ce qui prend un matin par semaine. À Porrentruy, c’est 100 francs pour 350 sujets, soit 35'000 francs de revenu.

Mais le « nonosse » revient à Delémont, qui fixe l’impôt sur les chiens à 130 francs. La taxe a été augmentée en décembre. Ça représente un revenu de plus de 58'000 francs, soit 450 labradors, caniches ou chihuahua. Avec cette somme, la capitale gère une cinquantaine de poubelles à crottes, qu’il faut recharger régulièrement. De plus, un parc à chien est en réflexion.

Au niveau suisse, cet impôt a tendance à augmenter. Le site Comparis indiquait en fin d’année que, depuis 10 ans, les recettes avaient grimpé de moitié, soit 50 millions de francs payés par les propriétaires qui, à Bâle, feraient bien de n’avoir qu’un chien. Le premier leur coûtera 160 francs, le second 320 francs. /ncp


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