Drame des Emibois : « Que la justice fasse son travail »

La Cour pénale à Porrentruy s’est réunie jeudi pour se prononcer en deuxième instance sur le ...
Drame des Emibois : « Que la justice fasse son travail »

La Cour pénale à Porrentruy s’est réunie jeudi pour se prononcer en deuxième instance sur le drame des Emibois qui avait coûté la vie à un jeune homme en 2016

Vers le lieu du drame, aux Emibois (archives). Vers le lieu du drame, aux Emibois. La Cour pénale rendra son verdict vendredi. (Photo : archive).

Le procès en appel d'un automobiliste jurassien accusé d'avoir mortellement fauché un jeune homme sur un passage pour piétons en 2016 aux Emibois, sans se soucier de sa victime, s'est ouvert jeudi à Porrentruy. Le Ministère public a requis 6 ans et demi de prison pour meurtre par dol éventuel. En première instance, le prévenu a écopé de 30 mois de prison avec sursis partiel de 18 mois durant quatre ans. Le tribunal l'a reconnu coupable d'homicide par négligence. Cette peine a été jugée trop clémente par les parties plaignantes et le Ministère public qui ont fait recours. Les parents de la victime souhaitent que la « justice fasse son travail ».

 

Des excuses entre deux sanglots

La voiture du prévenu avait percuté un homme de 21 ans, projetant son corps à 49 mètres. L'automobiliste avait manqué de peu de faucher l'amie de la victime qui marchait également sur le passage pour piétons. C'est le jeune homme qui, avant d'être heurté, l'a poussée pour la protéger de l'impact. Après avoir renversé le jeune homme, l'automobiliste a percuté deux panneaux de signalisation. Il s'est arrêté et a regardé en direction des lieux de l'accident avant de poursuivre sa route pour rejoindre le domicile de ses parents.

« J'aimerais encore une fois demander pardon », a déclaré l'accusé entre deux sanglots. « J'ai beaucoup de regret quant au mal que j'ai fait », a-t-il ajouté. Face à la Cour pénale, ce Jurassien âgé d'une vingtaine d'années affirme ne pas pouvoir s'expliquer pourquoi il n'a pas remarqué les deux jeunes sur le passage pour piétons.

 

Vitesse excessive et alcool

Au moment du choc, le véhicule circulait entre 80 et 94 km/h selon une expertise technique alors que la vitesse sur ce tronçon entre Saignelégier et Le Noirmont est limitée à 60 km/h. Le conducteur franc-montagnard était aussi sous l'emprise de l'alcool, selon l'acte d'accusation.

 

Esprit de compétition

Il n'est pas le seul sur le banc des accusés. Un second conducteur qui suivait de près et à une vitesse excessive la voiture du premier automobiliste a écopé en première instance d'une amende de 120 jours-amende à 100 francs avec sursis pour d'instigation à faux témoignages et de violations à la Loi à la circulation routière. Les prévenus qui se connaissaient avaient quitté un établissement public de Saignelégier, chacun à bord de son véhicule. Pour la procureure Frédérique Comte, il y avait un esprit de compétition. Elle estime qu'il y a eu une interaction entre les automobilistes. Pour les parties plaignantes, il y a eu une course-poursuite. « Il y a deux prévenus qui mentent sournoisement », a déclaré la procureure. « Ils n'ont pas la décence d'assumer leurs actes », a ajouté Frédérique Comte, estimant qu'il n'y avait pas de place au doute. Pour l'accusation, le premier automobiliste ne regardait pas la route mais la voiture qui le suivait et n'a pas vu les piétons.

 

Meurtre par dol éventuel

La procureure a, comme lors de l'audience en première instance, requis une peine de 6 ans et demi de prison pour meurtre par dol éventuel et délit manqué de meurtre par dol éventuel contre le premier automobiliste. Contre le second prévenu, elle a demandé une peine de 4 ans de prison pour homicide par négligence et mise en danger de la vie d'autrui. Pour la défense, la Cour pénale doit confirmer la mesure de la peine prononcée en première instance. Pour les avocats des deux prévenus, aucun élément ne permet d'accréditer la thèse d'une course-poursuite et il n'y a pas eu d'interaction entre les deux véhicules. Le meurtre par dol éventuel signifie que l'automobiliste a pris le risque de causer un tel accident et s'est accommodé de ces risques et de leurs conséquences, soit le décès d'un piéton.

Le procès se poursuit vendredi. /ATS-ncp

 


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