Les chefs de partis plaident pour un arrêt de l’économie mais en appellent à la Confédération

Alors que les syndicats demandent un arrêt des activités non essentielles et urgentes, la plupart ...
Les chefs de partis plaident pour un arrêt de l’économie mais en appellent à la Confédération

Alors que les syndicats demandent un arrêt des activités non essentielles et urgentes, la plupart des partis jurassiens comprennent ces revendications et attendent un plan d’aide massif de l’État

Les partis jurassiens espère une aide massive de la Confédération pour l'économie  (Photo : Georges Henz) Les partis jurassiens espère une aide massive de la Confédération pour l'économie (Photo : Georges Henz)

La pression s’accentue sur l’Etat. Beaucoup de voix s’élèvent pour demander des mesures plus drastiques sur l’économie afin de protéger les travailleurs du Coronavirus. Les syndicats romands ont demandé hier la cessation de toute activité non essentielle et urgente dans le pays. Dans la région, Unia Transjurane demande la fermeture des industries horlogères mais également de tous les chantiers de construction et de l’artisanat. Les chefs des partis politiques jurassiens appuient aussi majoritairement cette préoccupation.


« Cesser la politique des petits pas »

« Il faut accepter de bloquer l’économie durant deux semaines et cesser la politique des petits pas », nous a confié le président du PSJ, Jämes Frein. À gauche, Les Verts et le CS-POP affichent leur soutien à la démarche des syndicats pour dire qu’il faut fermer, « la santé d’abord », résume Céline Robert-Charrue, coprésidente des Verts jurassiens. L’avis est plus nuancé au PCSI où son président Thomas Schaffter considère que « les entreprises qui ne peuvent pas appliquer les consignes du Conseil fédéral doivent cesser leurs activités », les autres peuvent continuer. Une position globalement partagée par Pascal Eschmann pour le PDC, l’architecte qu’il est ajoute qu’il comprendrait une fermeture des chantiers où l’on multiplie les allées et venues. Le son de cloche diffère à l’UDC. « Toutes ces positions disparates n’ont plus de sens. Il faut désormais se conformer à la ligne du Conseil fédéral, c’est ça aussi lui donner du crédit », estime son président Thomas Stettler qui trouve la démarche des syndicats trop revendicatrice et cavalière. « Tout fermer, c’est effectivement cohérent avec la situation actuelle », ose Irène Donzé du comité directeur du PLRJ, « mais la Confédération va devoir intervenir pour permettre aux entreprises de libérer leurs collaborateurs », sous-entendu sans dégâts collatéraux.


« 10 milliards ? C'est ridicule »

Éternel nerf de la guerre, le « problème », une fois de plus est financier. Tout le monde, ou presque, s’accorde sur le principe de mettre l’économie entre parenthèses pour un temps, mais chacun s’inquiète de qui va payer la facture. D’autant que les syndicats demandent le versement de 100% des salaires, l’interdiction de licencier, le prolongement des indemnités de chômage…, bref tout un paquet de mesures sociales exceptionnelles qui auront un coût énorme à l’échelle du pays. Tous en appellent à la Confédération. « C’est clair que ce ne sont pas les salariés qui doivent supporter ça », estime-t-on chez Les Verts. « Il faut un soutien financier immédiat », renchérit le président du PDC, Pascal Eschmann. Les 10 milliards d’aide à l’économie annoncés vendredi ne seront de loin « pas suffisants » pour le PLR. « C’est même ridicule » s’insurge Thomas Schaffter du PCSI qui croit bien plus volontiers cette étude de deux professeurs de l’EPFZ sortie mercredi : il faudra au moins 100 milliards pour régler cette affaire.

Finalement, chacun attend sur l’autre. Et si une enveloppe exceptionnelle ne vient pas d’en haut, les divergences de positions entre cantons et entre entreprises, ainsi qu’un certain attentisme, risquent de persister. /jpi


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