La Damassine AOP souffle dix bougies cette année. L’Interprofession a obtenu son appellation d’origine protégée le 26 février 2010. Ce sigle certifie que l’eau-de-vie est exclusivement produite dans le Jura avec des fruits du canton. Les producteurs qui souhaitent l’obtenir doivent répondre à un cahier des charges bien précis. Toute une série de festivités étaient prévues pour marquer le coup, mais elles ont dû être annulées à cause du coronavirus. Un événement devrait toutefois avoir lieu l’an prochain.
Selon le président de l’Interprofession, Alain Perret, cette AOP a permis d’augmenter le volume de production et de mieux organiser le tissu de distribution. Celui-ci compte aujourd’hui davantage de petits revendeurs au niveau national. Depuis dix ans, l’Interprofession s’est démenée pour que le plus grand nombre de producteurs entrent dans la démarche de certification, y compris les petits qui ne distillent pas toutes les années.
Alain Perret : « la quantité produite peut retenir certains à rejoindre l’Interprofession »
Un point noir
Le président rappelle que l’Interprofession est petite, ce qui rend la défense du produit encore plus difficile. Le nom attire la convoitise des fraudeurs. D’après Alain Perret, de nombreux produits surfent sur la notoriété de la Damassine. « La législation permet de dénoncer ces cas, mais les chimistes cantonaux ont tellement de pain sur la planche qu’ils marginalisent un peu ces problématiques de produits ressemblants », a déclaré à RFJ le responsable.
Le fruit d’une longue bataille
La procédure pour obtenir l’AOP a été laborieuse. L’Interprofession a dû batailler pendant 13 ans et aller jusqu’au Tribunal Fédéral pour obtenir gain de cause. Des recours avaient notamment été déposés par des producteurs à la limite du territoire cantonal et le propriétaire de la marque Damassine. Les juges ont finalement déterminé que le terme n’était pas générique comme pomme ou poire, mais qu’il pouvait être protégé par une AOP. /alr









