Sursis maximum pour éviter les récidives

Un homme comparaissait mardi devant la justice neuchâteloise pour avoir dérobé pour 50’000 ...
Sursis maximum pour éviter les récidives

Un homme comparaissait mardi devant la justice neuchâteloise pour avoir dérobé pour 50’000 francs de montres chez Tag Heuer et réalisé des transactions illicites dans le monde de l'horlogerie. Il a été condamné à 20 mois de prison avec sursis pendant cinq ans

Le quinquagénaire a commis de multiples délits pour un montant de près de 200'000 francs. (Photo : archives) Le quinquagénaire a commis de multiples délits pour un montant de près de 200'000 francs. (Photo : archives)

Creuser des trous pour en reboucher d’autres. C’est à peu près l’affaire qui a occupé le Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers, ce mardi. Un homme a été condamné à 20 mois de prison avec cinq ans de sursis pour de multiples abus de confiance et pour vol. Ces dernières années, ce cinquantenaire a grugé des acteurs du monde de l’horlogerie pour un montant de 150’000 francs afin d’éponger ses propres dettes. Il vendait des montres qui lui étaient confiées pour rembourser ses arriérés sans pouvoir sortir de ce cercle vicieux. Employé par Tag Heuer à La Chaux-de-Fonds, il a aussi dérobé huit montres pour un total de 50'000 francs l’année passée. Poursuivi en justice, il ne pourra plus faire d’écart sous peine de passer 20 mois sous les verrous. Un sursis maximum pour éviter toute récidive selon le juge Laurent Margot.


Victime ou manque de franchise ?

Durant l’audience, le prévenu s’est toujours posé en victime. Selon sa version des faits, le quinquagénaire aurait été escroqué dans le monde des indépendants de l’horlogerie, ce qu'il l'aurait forcé à contracter des dettes importantes. Ensuite, il a perdu son emploi et subi les pressions de sa femme jusqu’à la séparation; cette situation l’aurait poussé à commettre des actes délictueux, comme ce vol de plusieurs montres chez Tag Heuer où il avait retrouvé du travail. Dans le collimateur de l’entreprise, le prévenu a rendu toutes les montres, car il avait « mauvaise conscience ». Et de rajouter: « je suis étonné d’avoir été renvoyé alors que j’avais tout restitué »....

Ces dernières années, le prévenu aurait en outre escroqué de nombreuses personnes en se faisant passer pour un vendeur sérieux en contact avec de grandes firmes horlogères. Il revendait ensuite les montres sans reverser l’argent à ses clients, toujours dans l’optique d’éponger ses dettes qui se montaient à 100’000 francs.

Dans son témoignage un peu décousu, le prévenu a paru parfois louvoyer et ne pas vouloir totalement dire la vérité. Toutefois, il invoque des problèmes psychiatriques pour expliquer ses actes et son état actuel.


La défense réclamait l'acquittement

Pour le Ministère public, le prévenu a montré une tendance à la manipulation et au manque de franchise durant l’audience et l’instruction. Vu le nombre d’infractions, le procureur demandait une peine privative de liberté de deux ans avec sursis pendant 4 ans, car le risque de récidive est très grand. La défense, de son côté, demandait l’acquittement ou une peine de 6 mois maximum avec sursis.

Finalement, le juge a tranché. Avec ce sursis maximum, la justice espère que le prévenu saura enfin revenir sur le droit chemin. Les parties ont 10 jours pour faire appel./jha


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