« Cet événement a mis le pays à terre »

Libanaise établie à Beyrouth, Lydia a passé plusieurs mois de son enfance dans le Jura durant ...
« Cet événement a mis le pays à terre »

Libanaise établie à Beyrouth, Lydia a passé plusieurs mois de son enfance dans le Jura durant la guerre. Elle témoigne après la double explosion qui a ravagé la capitale

Les vitres des bâtiments de Beyrouth ont été soufflées sur plusieurs kilomètres. Les vitres des bâtiments de Beyrouth ont été soufflées sur plusieurs kilomètres.

« Beyrouth ressemble à une ville fantôme », décrit Lydia, encore sous le choc. Comme des centaines de milliers de Libanais, elle n’est pas allée au travail ce mardi. Les mots de cette ressortissante libanaise établie dans la capitale, qui a passé plusieurs mois de son enfance dans le Jura durant la guerre, témoignent de l’ampleur du désastre. Après la violente explosion survenue mardi dont le dernier bilan provisoire fait état d'au moins 100 morts et plus de 4'000 blessés, sa ville ressemble à un champ de ruine.


« Ça nous a rappelé la guerre »

« Tout est détruit, tout est cassé. Les maisons, les vitres, les appartements, même les bureaux des compagnies, les banques, des cliniques, des hôpitaux. Certains disent ici que c’est la troisième explosion après Hiroshima », confie Lydia. Selon le Gouverneur de la capitale, près de 300'000 personnes seraient aujourd'hui sans domicile. La secousse a été ressentie jusqu’à Chypre, à 200 km de là. Le souffle dévastateur a balayé la ville sur plusieurs kilomètres. Un moment de terreur vécu par Lydia depuis son appartement. « On a eu tellement peur. Ça nous a rappelé la guerre, les guerres, du Liban. On a couru dans l’appartement pour voir si les enfants allaient bien. Les gens sont terrifiés. »


« La situation était déjà tellement difficile »

Une population également terrifiée par l’avenir face à l’immense chantier d’une ville à reconstruire, d’un pays tout entier à redresser. Le Liban était déjà en proie à une crise économique et sociale majeure, théâtre depuis plusieurs mois de manifestations populaires contre le gouvernement et la corruption. « La situation est déjà tellement difficile. Le pays est déjà endetté, empêtré dans une grande crise économique. Il y a aussi le coronavirus. Je ne sais pas si c’est possible de s’en relever rapidement. Cet événement a vraiment mis le pays à terre », analyse Lydia qui se demande aujourd’hui si elle doit rester dans son pays. Selon elle, beaucoup de Libanais se poseraient cette question de l’émigration, de fuir un pays en détresse qui en appelle aujourd’hui à l’aide internationale. /jpi


 

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