Les finances communales dans un état préoccupant

L’endettement a atteint un niveau record en 2018, « une partie des communes vivent au-dessus ...
Les finances communales dans un état préoccupant

L’endettement a atteint un niveau record en 2018, « une partie des communes vivent au-dessus de leurs moyens » reconnaît le délégué aux affaires communales Christophe Riat

Le Gouvernement appelle à la mesure et la prudence face à l'endettement des communes jurassiennes. (Photo: LDD) Le Gouvernement appelle à la mesure et la prudence face à l'endettement des communes jurassiennes. (Photo: LDD)

L’évolution des finances communales jurassiennes suscite certaines inquiétudes au sein de l'administration cantonale. Elles apparaissent en effet dans un état préoccupant selon le dernier rapport, publié ce mercredi, qui porte sur l’année 2018. Si le résultat net est globalement bénéficiaire et en hausse (+1,3 million par rapport à 2017), l’endettement global a lui drastiquement augmenté de 8,3 millions de francs pour atteindre un niveau record depuis l’introduction des statistiques en 1985. Si bien que le Gouvernement jurassien lance un appel général à faire preuve de mesure dans le recours à l’emprunt et de prudence dans l’établissement des budgets.

Entretien avec le délégué aux affaires communales, Christophe Riat

« Je ne dirais pas que les communes se gèrent mal financièrement. Mais on a des fois tendance à oublier qu'un emprunt implique des intérêts et des amortissements obligatoires. Poursuivre les investissements pour les infrastructures locales, oui, mais dans une certaine mesure », lance le délégué aux affaires communales Christophe Riat. Pour le président de l’Association jurassienne des communes (AJC), Vincent Wermeille, les responsabilités sont partagées. « On fait face à des investissements importants simplement pour maintenir les réseaux d’eaux, routes ou bâtiments, dans un état acceptable. Ca pèse énormément et avec les amortissements obligatoires, les communes arrivent à des situations compliquées ». Le rapport montre notamment que les communes s’endettent plus que ce qu’elles sont capables de générer comme revenus. Parallèlement, la capacité d’autofinancement reste inférieure à 10%, taux considéré comme « mauvais » en comparaison nationale.

Vincent Wermeille : « Revoir la répartition des tâches avec le canton »

Encouragement au regroupement ou à la fusion

« Certaines communes ont une capacité de lever l’impôt et ne font pas partie des situations délicates. Mais d’autres vivent au-dessus de leurs moyens, notamment dans la catégorie des communes de moins de 1000 habitants, voire moins de 500. Certaines recourent même à l’emprunt pour assurer leur fonctionnement général, là on considère qu’il y a un problème », relève Christophe Riat. « Il faudra surtout trouver un accord avec le canton sur la nouvelle répartition des tâches entre lui et les communes, débat amorcé il y a quelques années déjà mais actuellement en suspens », place Vincent Wermeille.


Exclu d'augmenter la quotité d'impôt

En guise de solution pour tenter d’inverser la tendance, le canton encourage fortement ces petites communes au regroupement ou à la fusion pour se renforcer. « Je ne suis pas convaincu que ce soit la meilleure solution », tempère de son côté le président de l’AJC qui estime que les fusions n’ont pas forcément démontré de réelles améliorations. Augmenter les quotités d’impôts lui paraît cependant exclu et cet avis est partagé par Christophe Riat. « La quotité est déjà relativement élevée voire très élevée par endroits. L’augmenter n’est pas une solution. Il faut réfléchir à d’autres moyens, notamment avec l’Etat » conclut le délégué aux affaires communales. D’autant que l’avenir n’encourage guère à un optimisme béat, la crise du Covid-19 risquant aussi de peser sur les finances des collectivités publiques. /jpi


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