Le retour d’un insecticide pour sauver une culture. L’enjeu a été posé il y a deux semaines par la Fédération suisse des betteraviers (FSB) dans un communiqué. Les producteurs sont inquiets. Depuis l’interdiction en 2019 des néonicotinoïdes, une classe d’insecticide, les champs de betteraves sont touchés par la jaunisse virale. Cette maladie trouve son origine dans le virus 'BYV' et est véhiculée par les pucerons. Une partie de la Suisse alémanique et toute la Suisse romande sont touchées, affirme la FSB. Les pertes s’élèveraient entre 30 et 50%.
Marche arrière en France
Les insecticides aux néonicotinoïdes sont interdits depuis le 1er janvier 2019 en Suisse et dans l’Union européenne. Toutefois, certains États membres de l’UE ont délivré des autorisations d’urgence pour des produits phytosanitaires à base de l’insecticide. La France a même fait marche arrière cette semaine. L’Assemblée nationale a validé mardi un projet de loi proposant la levée de l’interdiction. Les producteurs suisses regrettent ces disparités. Ils exigent l’introduction de mesures similaires en Suisse, à savoir une autorisation pour l’enrobage aux néonicotinoïdes d’une durée de trois ans. Cette période transitoire doit permettre de trouver des mesures de lutte biologique, des variétés résistantes ou des matières actives alternatives.
Michel Boillat, betteravier à Cressier
Et toujours dans un souci d’égalité, les betteraviers suisses demandent également la fin de l’importation en Suisse de sucre issu de betteraves produites à l’aide d’insecticide aux néonicotinoïdes. Un tout autre dénouement menacerait la filière sucrière suisse, affirme la FSB.
Situation jurassienne
Il y a actuellement dans le canton du Jura une centaine de producteurs de betteraves qui exploitent environ 500 hectares. Cette année, dans le canton aussi, le rendement est à la baisse, même si les plantes sont moins touchées par cette jaunisse virale. Selon le président de Jura sucre, Patrick Roth, si l'interdiction de cet insecticide est maintenue, il n'y aura plus de producteur de betteraves en Suisse d'ici 1 à 2 ans, puisque le gros de la production provient des cantons de Fribourg et Vaud fortement atteints par cette maladie. /ATS-dsa-ncp









