Cinquante infractions commises à travers toute la Suisse de 2009 à 2016 : l’acte d’accusation de l’homme qui comparaît depuis lundi après-midi devant le Tribunal de première instance à Porrentruy est bien fourni. Le prévenu se serait attaqué à une vingtaine de distributeurs à billets, notamment à Boncourt, au Noirmont, à Miécourt, aux Verrières ou encore à Kleinlüzel. Parmi la liste figure également une extorsion par brigandage. L’homme et sa bande auraient ligoté un pasteur dans le canton de Bâle-Campagne pour lui soutirer quelques centaines de francs. Le trentenaire a nié la plupart des faits et a admis uniquement dix vols mineurs dans des habitations. La procureure Frédérique Comte a requis 14 ans de privation de liberté, une peine à la hauteur de l’intensité criminelle déployée par le prévenu. Du côté de la défense, Maître Huart a démontré que l’ensemble des indices et recoupements ne pouvaient pas forger la conviction de la Cour pénale et que le doute devait profiter à son client. Le magistrat a proposé une peine de 180 jours de prison, alors que l’accusé a d’ores et déjà passé trois ans de détention préventive. Le jugement sera rendu jeudi après-midi.
Une liste d’outils bien garnie
Génératrice, meuleuse, disqueuse, masse, hache, tronçonneuse, pince hydraulique : une liste d’outils qui feraient pâlir d'envie un bricoleur, mais qui ont servi à commettre des cambriolages. Le prévenu aurait agi au sein d’une bande pour attaquer des distributeurs à billets. Un camion-grue a même été utilisé en avril 2015 à Boncourt. Le Ministère public a démontré l’implication de cet homme grâce à des traces ADN retrouvés sur des outils, dans des véhicules ou dans les banques visées. Le trentenaire a affirmé qu’il avait été contraint d’acheter ces outils et de réparer ces voitures. Il a précisé d’ailleurs qu’il exploite un garage en Alsace et ne vit pas grâce aux larcins commis, même s’il a confirmé une dizaine de cambriolages mineurs.
La vingtaine d’attaques de bancomats ont permis d’amasser plus de 2,5 millions de francs à la bande qui, selon la Procureure, sont des professionnels planifiant tous les détails. Pour incriminer le prévenu, Frédérique Comte a aussi déterminé sa présence sur les lieux grâce à la géolocalisation de son portable, ainsi qu’au travers d’enregistrements de conversations. /ncp









