Les betteraviers jurassiens accusent le coup

L’Office fédéral de l’agriculture a refusé jeudi de réintroduire le néonicotinoïde Gaucho pour ...
Les betteraviers jurassiens accusent le coup

L’Office fédéral de l’agriculture a refusé jeudi de réintroduire le néonicotinoïde Gaucho pour lutter contre la jaunisse virale. Deux autres produits ont été autorisés, mais ils ne sont pas suffisamment adaptés, selon les producteurs

Patrick Roth préside la coopérative JuraSucre (photo : archives). Patrick Roth préside la coopérative JuraSucre (photo : archives).

La déception est de mise chez les betteraviers jurassiens. Ces agriculteurs ne pourront pas réutiliser le Gaucho pour lutter contre la jaunisse virale qui provoque d’importantes pertes dans leurs cultures. L’Office fédéral de l’agriculture a refusé jeudi la réintroduction de ce néonicotinoïde. L’OFAG a toutefois décidé d’autoriser deux produits de traitements foliaires qui ont pour but d’agir contre les pucerons vecteurs de la maladie. Pour Patrick Roth, le président de la coopérative JuraSucre qui réunit tous les producteurs jurassiens de betteraves, ces substances ne sont pas suffisamment adaptées. Contrairement au Gaucho, il ne s’agit pas de traitements qui se font sur la semence avant la mise en terre, mais seulement lorsque des pucerons apparaissent.

Patrick Roth se dit inquiet pour l'avenir de la filière suisse. La jaunisse virale a des conséquences directes sur les rendements des producteurs. Le responsable craint que certains décident tout simplement de jetter l'éponge et d'abandonner cette culture.


Des craintes de concurrence

Les betteraviers dénoncent également une distorsion de concurrence, car plusieurs autres pays de l’Union européenne, dont la France, ont autorisé temporairement l’usage du Gaucho pour protéger leur filière sucrière. Concrètement, la Suisse pourrait importer du sucre qui n’est pas produit selon les critères imposés par les autorités helvétiques aux producteurs de notre pays. Des interventions ont été déposées au parlement fédéral pour qu’une telle démarche ne soit pas admise. 


L’OFAG critiqué

Par ailleurs, la décision de l’Office fédéral de l’agriculture d’autoriser deux produits de traitements foliaires a été vivement critiquée par Edward Mitchell, professeur de biologie à l’Université de Neuchâtel. Selon ce membre du comité d’initiative « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse », l’OFAG dupe la population, car parmi les deux produits autorisés, il y a un autre néonicotinoïde considéré comme néfaste pour la biodiversité et la santé humaine. /alr


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