2020, une bonne année pour les vendeurs de télés

On l’entend quasi quotidiennement, beaucoup de petits commerçants, sont malmenés par la pandémie ...
2020, une bonne année pour les vendeurs de télés

On l’entend quasi quotidiennement, beaucoup de petits commerçants, sont malmenés par la pandémie. Mais de leur côté les magasins d’audio-visuel s’en tirent plutôt bien

Les clients de Steve Widmer ont tendance à moins être regardants au niveau financier, selon le vendeur d'audio-visuel de Courrendlin. (Photo : libre de droits). Les clients de Steve Widmer ont tendance à moins être regardants au niveau financier, selon le vendeur d'audio-visuel de Courrendlin. (Photo : libre de droits).

« C’est très difficile dans la branche… Beaucoup se sont habitués à commander leur télévision sur Internet ou chez les grandes enseignes... Depuis un certain nombre d’années, on a beaucoup de doutes, d’incertitudes. On se demande si on sera encore là d’ici deux ou trois ans », annonce Steve Widmer, vendeur de télévisions à Courrendlin. Si le métier perdait chaque année un peu son identité, il peinait à trouver de nouvelles pistes pour continuer à exister. De nombreuses boutiques ont d’ailleurs dû fermer. Mais le coronavirus pourrait aider ceux qui ont subsisté. 

Les pistes que la pandémie a données ? Il faut se diriger davantage vers le service. Après le semi-confinement, ceux qui ont attendu la réouverture des petits commerces pour renouveler leur coin télé se sont davantage lâchés sur les prix. « Mes clients voulaient vraiment de la qualité, jusqu’aux écrans de trois mètres de large, des petits cinémas à la maison. Et puis ils font aussi plus attention à l’audio. Ils veulent se faire plaisir. Passant la journée devant des ordinateurs, tablettes et smartphones, ils souhaitent retrouver au salon un écran différent, de qualité. Clairement, les gens ont envie de se faire plaisir cette année », dit Steve Widmer.

Le vendeur d’audio-visuel s’éloigne ainsi toujours plus de la vente pure, mais il propose des solutions adaptées aux clients. L’installation représente ainsi désormais plus de la moitié des activités de son magasin. Et un nouveau marché, plein d’espoir selon différents vendeurs de la région, y a participé, encore en lien avec le Covid-19 : l’installation de systèmes de visio-conférences. Le télétravail l’a largement popularisé.

« Une envie de se faire plaisir » à la sortie du premier confinement, d'après Steve Widmer

« C’est un marché en plein boom, réagit Mateo Biancon, vendeur de matériel audio-visuel à Saignelégier. On a fait le pari de se lancer là-dedans il y a 10 ans. La période actuelle nous confirme que c’était le bon choix. » Selon le Franc-Montagnard, redéfinir le métier était une nécessité. 

Alain Pape, à Porrentruy, a dû s’occuper de plusieurs projets d’ampleur en la matière, pour des entreprises habituées à envoyer leurs employés à l’étranger, et qui ont dû revoir leur stratégie cette année. « Certaines sont des marques de luxe qui veulent jeter de la poudre aux yeux de leurs partenaires. Pour nous, c’est vraiment intéressant. Ça permet de mettre du beurre sur les épinards », dit-il. Autres administrations, écoles, bureaux d’avocats ou d’architecture se numérisent aussi toujours davantage. Le marché est donc grand.

« On pouvait penser que ça allait être de plus en plus dur... »

À Moutier, Pierre Egger a moins vu ses clients se lâcher cette année... Rattraper les deux mois de fermeture forcée est compliqué. Il n’a pas encore pu compenser les pertes. Le vendeur a surtout été déçu du peu d’action après « tant de belles paroles » sur l’importance de la consommation locale. « J’attends décembre, qui est le mois du treizième salaire et des plaisirs… c’est le mois le plus important », souffle-t-il, craignant malgré tout de devoir refermer boutique à cause de la crise sanitaire.

Le Black Friday, ce vendredi, est aussi une date marketing-phare. Mais ce sont les grandes enseignes qui arrivent à se faire des choux gras à cette période selon lui. « On propose aussi des rabais, mais dans la vitrine ça ne fait pas le même effet que les prix barrés sur internet... », dit-il.

Alain Pape, à Porrentruy, a espoir que le métier survive. Grâce au nouveau marché que présente la visio-conférence d’un côté, et grâce à celui de la vente de télévisions en elle-même aussi… et avec un nouveau public qui s’annonce. « Je commence à percevoir un déclic chez les jeunes, lance-t-il. Ils se rendent compte que s’ils ne fréquentent pas les petits commerces, ils se condamnent eux-mêmes. On en voit toujours plus qui disent non au petit coup d’adrénaline que procure l’achat en ligne », conclut le Bruntrutain, qui se veut optimiste. /cka


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