Les brasseries jurassiennes font la grimace

Alors qu’au niveau national, l’Association suisse des brasseries enregistre une légère baisse ...
Les brasseries jurassiennes font la grimace

Alors qu’au niveau national, l’Association suisse des brasseries enregistre une légère baisse des ventes, de 2,2%, pour l’année brassicole 2019-2020, la situation est plus compliquée chez les brasseurs locaux

La situation sanitaire pèse sur les ventes des brasseries jurassiennes. (Photo libre de droits). La situation sanitaire pèse sur les ventes des brasseries jurassiennes. (Photo libre de droits).

Année difficile pour les brasseries jurassiennes. L’Association suisse des brasseries publie mardi les chiffres de l’année brassicole 2019-2020, qui courait jusqu’à septembre. Les ventes de bière ont légèrement diminué, de 2,2% par rapport à l’exercice précédent. L’association relève une forte baisse de l’écoulement via la restauration ; mais le commerce de détail affiche, lui, une hausse, qui bénéficie aux bières étrangères. RFJ a voulu savoir comment s’en sortent les brasseries locales. Et c’est plutôt la soupe à la grimace.

Les comptes ne sont pas bouclés, mais la tendance est clairement à la morosité. A Saignelégier, BFM, la plus grande brasserie du Jura, parle d’une année « assez compliquée ». Les restaurants fermés représentent autant de ventes purement annulées. Le directeur Jérôme Rebetez explique qu’après la première vague du virus, l’été avait permis de se refaire un peu, avec un afflux de touristes et des ventes directes en nette hausse. Mais l’annulation de la plupart des manifestations et les restrictions liées à la deuxième vague pèsent lourd. Au final, BFM a produit environ 50% de bière en moins cette année, pour une baisse de 35 à 40% des ventes. De plus, malgré les RHT, il faut continuer à payer les charges fixes, et les amortissements des gros investissements consentis en 2018. Jérôme Rebetez souhaiterait un soutien étatique plus important. Il indique quand même, pour relever un élément positif, que la situation a offert le temps de rénover le bar ou de repenser certains éléments.


Situation similaire dans les petites brasseries

A Courroux, Black Pig misait gros sur cette année 2020, avec une capacité de production qui venait tout juste d’être augmentée à 100'000 litres. Mais les ambitions ont été douchées par la crise sanitaire. Sans les manifestations, impossible d’écouler autant de bière, explique Christophe Schaer, l’un des deux brasseurs. L’augmentation des ventes directes, surtout ce printemps, ne compense pas le reste.

Tonnebière, à St-Ursanne, a aussi vu production et ventes diminuer. Guillaume Stalder précise que les meubles ont pu être sauvés, notamment grâce à une grande enseigne de distribution qui écoule désormais ses bières.

Et puis à Delémont, si Blanche-Pierre s’en sort avec un chiffre d’affaires quasi stable, c’est surtout grâce à la fabrication de désinfectant ; parce que pour ce qui est de la vente de bière, la baisse atteint environ 30%. Elena Hoffmeyer, co-fondatrice, indique que 2020 devait aussi être l’année de l’expansion, avec une capacité de production passée à 1000 litres par semaine ; capacité bridée de moitié depuis mars. Et le carnet de commandes est actuellement vide.

Ajoutez à cela que les ventes de bières sont traditionnellement maigres au premier trimestre de l’année : pas de quoi se faire mousser quant à une embellie rapide. /lad


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