La redéfinition du viol au cœur des revendications féministes

À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ...
La redéfinition du viol au cœur des revendications féministes

À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, les collectifs féministes romands demandent l’intégration de la notion de consentement dans la loi

Image d'illustration. Image d'illustration.

« Quand ce n'est pas oui, c'est non ! » Le slogan des mouvements féministes romands, dont fait partie l'association interjurassienne grève des femmes, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes affirme une vérité qui semble évidente. Leur campagne porte cette année sur la qualification juridique du viol, trop restrictive en Suisse selon ces associations. Un enjeu important à l’heure où le pays s’apprête à réviser son Code pénal, et appuyé par des chiffres qui interpellent : on estimait l'an dernier qu’une femme sur cinq a déjà subi des actes sexuels non désirés au cours de sa vie.

Les enjeux d'une redéfinition du viol

Il faut actuellement prouver que la victime s’est débattue

Pourtant, « le sexe sans consentement, c’est un viol » martèle l’Association interjurassienne grève des femmes. Encore une évidence ? Juridiquement, ce n’est pas toujours si évident que ça rappelle Stéphanie Lang, avocate à Porrentruy et habituée à ce type de dossier. « La jurisprudence exige que les auteurs aient pu se rendre compte que la victime n’était pas consentante. On exige donc qu’elle affirme un « non » ou qu’elle se débatte avec une certaine force », explique l’avocate. Pour les militantes, c’est oublier que certaines victimes sont tétanisées, parfois sans réaction face à un proche par exemple. D’où la demande d’introduire la notion de consentement ou plutôt d’absence de consentement. « Il s’agit de combler un vide juridique. Il faut que la notion de consentement intervienne lors de jugements pour que la victime soit reconnue même si elle n’a pas subi des agressions physiques violentes mais qu’elle avait une simple désapprobation des actes qui lui ont été faits », défend Jeanne Beuret, coprésidente de l’association interjurassienne grève des femmes.

Me Stéphanie Lang : « Le code pénal est aujourd'hui un peu daté »

« Des emprises psychologiques difficiles à établir devant les tribunaux »

La difficulté vient aussi d’une vision éculée du viol, souvent loin de la réalité. La jeune femme qui se fait agresser tard le soir dans une ruelle sombre en rentrant chez elle, « c’est très rare » selon les militantes et les juristes. « Ce sont souvent des contextes où l’auteur exerce une certaine emprise psychologique. On a beaucoup de cas de viols au sein d’un couple où le mari menace son épouse de partir avec ses enfants ou de la laisser sans situation financière, ou entre une employée et son employeur. Toute cette emprise, elle est très difficile à prouver devant les tribunaux », éclaire Me Lang. Nombre de ses consœurs et confrères peinent donc à obtenir des condamnations fermes pour des faits qu’ils estiment pourtant très graves. En Suisse, le viol est passible d’une peine privative de liberté de 1 à 10 ans et la contrainte sexuelle de la peine pécuniaire à 10 ans de prison. Mouvements féministes et une partie du corps juridique espèrent d’ailleurs l’élargissement de la notion de viol, comme elle est par exemple définie en France où elle englobe tout acte de pénétration. Dans le droit suisse actuel, le viol se restreint à la pénétration vaginale d’une femme par un homme, le reste tombant sous le coup de la « contrainte sexuelle ». /jpi

« Nous sommes éduqués à la violence sexiste »

A l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’Association interjurassienne grève des femmes a organisé une conférence en ligne. Intitulée « Violence domestique et éducation des garçons », elle était présentée par Gregory Jacquet, consultant et expert en matière de sécurité publique et de violences basées sur le genre. Il était l’invité de la Matinale ce mercredi :

La violence se retrouve également dans l’humour mal placé. Selon Gregory Jacquet, une blague sexiste n’est pas un acte anodin :


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