À l’heure de la réouverture, cafetiers et restaurateurs jurassiens sont partagés entre la joie et l’attente angoissante des décisions fédérales, d'autres s'adaptent pour éviter la fermeture de 18h30 imposée aux bars
« Le lundi, c’est ravioli », dit le dicton populaire qui pourrait donner, à la sauce jurassienne, « le jeudi, c’est reparti ». Ce jeudi marque en effet la réouverture des restaurants et cafés jurassiens dans une ambiance qui n’est pourtant pas complètement à la fête et au soulagement. La faute aux dernières annonces du Conseil fédéral qui menaçait mardi de fermer les établissements dès 19h, la décision définitive après « consultation » des cantons étant attendue ce vendredi. Néanmoins, après six semaines de fermeture, le plaisir de retrouver les cuisines et les tables dressées était quand même là.
Reportage au Terminus à Porrentruy, à moins de deux heures de l'ouverture
« On attendait ça impatiemment, on espère que ça va durer ! », lâche David, cuisinier derrière les fourneaux du Terminus à Porrentruy. À peine rouvert, le restaurant affiche d’ailleurs déjà complet pour… samedi soir. « Les clients se précipitent un peu, sans savoir si l’on va pouvoir continuer derrière », lâche Nadège qui prend les réservations au téléphone à la réception. Pour son mari Éric Cerda, le patron de l’établissement, ce n’est quand même pas vraiment la réouverture tant espérée et attendue. « En temps normal, on aurait été heureux de rouvrir. Là, on se demande si ça vaut le coup. On verra vendredi les décisions… Faut espérer que les efforts des cantons romands payent ! » Éric Cerda espère au moins obtenir le droit d’assurer un service le soir, là où les réservations sont les plus importantes.
S’adapter pour rester ouvert
D'autres tentent de se réinventer pour ne pas être pénalisé par les horaires plus contraignants auxquels sont soumis les bars, obligés de fermer à 18h30 sauf s'ils proposent des mets cuisinés. C'est le cas de la Brasserie des Franches-Montagnes (BFM), à Saignelégier, qui s'est lancée dans la restauration chaude trois soirs par semaine. Une offre déjà proposée lors d’événements ponctuels, et plus régulièrement depuis cet été, comme le note le patron de la BFM, Jérôme Rebetez. Ce service n’a donc pas été trop compliqué à mettre en place, ni en cuisine, ni dans la salle, suffisamment spacieuse pour accueillir environ 80 personnes dans le respect des normes sanitaires.
Selon les services cantonaux, la BFM reste toutefois une exception. Aucun autre bar n’a entrepris les mêmes démarches dans le Jura. /nbe-jpi










