L'extrême luxe continue de briller

Contrairement à de nombreux marchés, l'industrie de l'extrême luxe s'en tire relativement bien ...
L'extrême luxe continue de briller

Contrairement à de nombreux marchés, l'industrie de l'extrême luxe s'en tire relativement bien. Ceux qui en vivent, dans la région, tirent un bilan plutôt enthousiaste

Les marchés de l'extrême luxe tend à ne pas sentir la crise, malgré la pandémie de coronavirus. (Photo libre de droits).
Les marchés de l'extrême luxe tend à ne pas sentir la crise, malgré la pandémie de coronavirus. (Photo libre de droits).

Les temps sont durs pour tous, mais pas forcément au même titre. L'extrême luxe semble suivre une courbe un peu différentes des autres marchés. Aux Breuleux, on n'a pas pu produire assez pour contenter tous les acheteurs potentiels, semble-t-il. Car Richard Mille a dû fermer son site de production pendant plusieurs semaines lors de la première vague. Si l'objectif était de produire cette année 5'200 montres (contre 5'000 l'année passée), il faudra tabler sur 1'000 de moins. 

Les produits de niche sauvent la mise

Moins de ventes cette année donc pour le groupe installé dans les Franches-Montagnes ? Oui, mais la cause est technique seulement. La demande est belle et bien là, attestent le directeur de production Yves Mathys et la directrice de création Cécile Guenat. Selon eux, leurs produits de niche ont une force: ils se vendent sur tout le globe. Ainsi, si l'un des marchés est touché, un autre peut permettre de compenser. 

La rareté a du succès

L'extrême luxe ne sentirait pas la crise ? C'est une tendance qu'a perçue Pascal Bourquard, directeur général de Biwi à Glovelier, qui sous-traite avec des marques de luxe et d'extrême luxe. Moins une marque produit d'unités, moins elle semble impactée. Et quand les produits sont uniques, le public-cible a les moyens de se l'offrir. Pascal Bourquard a constaté que le marché chinois avait bondi, au détriment du marché du luxe en Europe : « Les clients asiatiques sont les plus gros consommateurs du luxe en Europe, et étant donné que le voyage est quasi interdit, ils consomment en Asie. Les marques qui ne sont pas bien implantées là-bas semblent avoir bien  plus de difficultés économiques que celles qui y sont présentes depuis longtemps », dit-il, ne voulant pas non plus faire de trop grandes généralités. Son arme principale? La diversification. Depuis 5 ans, il s'est éloigné de la stricte horlogerie pour sa lancer dans l'art ou la maroquinerie, produisant par exemple des tissus véganes. Et cette décision l'aide à sortir la tête de l'eau. Car l'horlogerie n'est pas dans son heure la plus glorieuse actuellement. 


L'horlogerie un peu plus en difficulté

Dans le domaine des montres de luxe, la chute est plus forte qu'après la crise de 2008, explique Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse. Les ventes ont plongé de 25% ces 10 premiers mois de l'année. Mais le mois d'octobre n'enregistre à lui tout seul que 7% de baisse. Et c'est le marché asiatique qui a permis cette remontée. Ce marché est le seul dont les chiffres sont meilleurs en 2020 qu'en 2019, souffle encore Jean-Daniel Pasche.

De son côté, Richard Mille ne constate pas de marché plus vigoureux en Chine. Et 2009 n'était pas une année pire qu'une autre non plus. La chance semble sourire au groupe des Breuleux, qui baigne dans l'extrême luxe plus que le luxe. De son côté, le patron de Biwi se veut optimiste: si l'économie du luxe a repris tant de force après les vagues de Covid, l'Europe et plus généralement l'Occident devraient suivre. Il faudra peut-être juste encore un peu de patience. /cka


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