1918 – 2020, troublantes similitudes

Des internautes jurassiens partagent ces jours-ci une archive concernant les mesures sanitaires ...
1918 – 2020, troublantes similitudes

Des internautes jurassiens partagent ces jours-ci une archive concernant les mesures sanitaires prises par la Municipalité de Porrentruy en pleine grippe espagnole

En 1918, les citoyens ont connu des restrictions pour lutter contre la propagation de la grippe espagnole. (Photo : archive du journal Le Jura, 30 juillet 1918). En 1918, les citoyens ont connu des restrictions pour lutter contre la propagation de la grippe espagnole. (Photo : archive du journal Le Jura, 30 juillet 1918).

L’histoire a parfois d’étonnantes façons de refaire surface. Ces jours-ci, comme lors de la première vague du Covid-19, circule sur les réseaux sociaux un arrêté municipal de la ville de Porrentruy daté du 25 juillet 1918. En pleine épidémie de grippe espagnole, le Conseil municipal liste les dispositions pour lutter contre la propagation de la maladie. L’archive est issue de l’édition du 30 juillet 1918 du journal Le Jura. Ces mesures font suite aux décisions prises par la Confédération et le canton de Berne, dont le Jura fait encore partie. Et à peu de choses près, ce scénario vieux d’un peu plus d’un siècle est le même qu’aujourd’hui.


Ambiance sinistre à Porrentruy

Il faut se souvenir toutefois que la grippe espagnole est bien plus létale que le Covid-19. En cette période où l’armée est encore mobilisée en Ajoie, de nombreux soldats y succombent. L’historien bruntrutain Hervé de Weck illustre l’atmosphère lugubre qui règne à Porrentruy : « Quand c’étaient des militaires en service qui décédaient de la grippe, on conduisait leurs cercueils à la gare, en cortège, fanfare en tête. La Municipalité a alors demandé que la fanfare ne joue plus, parce que ça portait atteinte au moral de la population. »

La maladie, comme aujourd’hui, est alors omniprésente : toutes les éditons du journal Le Jura de cette période évoquent l’épidémie, son évolution, ses morts. Hervé de Weck note toutefois une différence de taille : « Les gens étaient beaucoup plus respectueux des ordres des autorités. Ça ne veut pas dire qu’on ne rouspétait pas, mais le plus souvent, on ne discutait pas ces ordres. » La punition promise aux contrevenants est certes fortement dissuasive : 5’000 francs d’amende – ce qui représenterait 50'000 francs aujourd’hui – ou jusqu’à 3 mois de prison.

A noter encore qu’à l’époque, les moyens pour communiquer ces règles à la population sont limités. Outre les parutions dans le journal, il y a le crieur municipal. On peut donc imaginer, indique Hervé de Weck, un fonctionnaire communal muni d’un tambour qui fait le tour de Porrentruy en hurlant cette information à tous les carrefours. L’ancêtre des réseaux sociaux ? /lad


 

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