L’usine Miserez ne change pas de zone

Les habitants de Saignelégier ont refusé, lundi soir, que le terrain sur lequel se trouve le ...
L’usine Miserez ne change pas de zone

Les habitants de Saignelégier ont refusé, lundi soir, que le terrain sur lequel se trouve le bâtiment passe en zone d’habitation. Un promoteur souhaitait construire des immeubles, ce à quoi les riverains étaient opposés. Il n’a pas dit son dernier mot

L'ancienne usine Miserez est désaffectée depuis une dizaine d'années, mais le terrain se trouve toujours en zone artisanale. L'ancienne usine Miserez est désaffectée depuis une dizaine d'années, mais le terrain se trouve toujours en zone artisanale.

Un projet immobilier se heurte aux doutes des riverains. Lundi soir à Saignelégier, l’assemblée communale a refusé – à quelques voix près – de changer l’affectation de la zone où se trouve l’ancienne usine Miserez. Cette dernière est située à rue du Chasseral, près de la halle du Marché-Concours. Un promoteur voulait construire cinq immeubles sur le terrain, un projet jugé démesuré par les habitants. Celui-ci correspondait pourtant aux exigences légales.

Construire en hauteur pour respecter la loi sur l’aménagement du territoire (LAT), c’était le but du promoteur, Serge Parrat. La zone où est située l’ancienne usine Miserez, inoccupée depuis une dizaine d’années, fait partie des secteurs prioritaires à densifier dans le canton. Tout bâtiment d’habitation doit respecter un indice d’utilisation du sol de 0,7 : c’est-à-dire que pour 1'000 mètres carrés de terrain, il faut 700 mètres carrés de planchers. Comme l’explique Bernard Studer, l’urbaniste mandaté par le promoteur, cet indice est élevé. Il estime que construire des bâtiments de plusieurs étages est une bonne manière de respecter cette condition.


Craintes venues d'un autre projet

Pourtant, les riverains se sont opposés à une telle construction, dès les prémices du projet. Le point à l’ordre du jour lors de l’assemblée communale ne concernait que la modification du plan d’aménagement local : il s’agissait de passer d’une zone d’artisanat à une zone d’habitation. D’après Serge Parrat, si les habitants se sont braqués aussi tôt, c’est à cause du cas des « Marguerites 2 ». Pour rappel, ce projet d’appartements protégés et adaptés est aujourd’hui jugé démesuré, et suscite toujours des oppositions, alors qu’il avait été approuvé en assemblée communale. Le promoteur regrette que la crainte d’une situation similaire ait déclenché des votes négatifs.

Du côté de la commune de Saignelégier, on est aussi un peu déçu. Le conseiller en charge de l’aménagement du territoire, Vincent Paupe, estime que le projet était « une opportunité qui ne se présente pas souvent ».


Construction en hauteur quasiment incontournable

Serge Parrat n’a toutefois pas dit son dernier mot : pour l’instant, le promoteur ne classe et ne modifie pas son projet. La commune, elle, doit réviser son plan d’aménagement local (PAL) d’ici à 2024. Reste à voir si elle est réellement tenue de respecter l’indice d’utilisation du sol, ou si une dérogation est possible. D’après l’urbaniste Bernard Studer, il y a toutefois peu de chances que cet indice soit revu à la baisse, d’autant que la décision n’incombe pas qu’au canton, mais doit aussi être validée par la Confédération. Les immeubles risquent donc bien d’être incontournables à la rue du Chasseral. /nbe


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