Du début à la fin de l’année 2020, plus de la moitié des personnes actives dans le monde du voyage a perdu son emploi dans le canton du Jura. Dans certains cas, des succursales ont fermé pour que les agences principales subsistent. La situation est critique.
Les voyagistes font partie des cas de rigueur dans le cadre des aides économiques. Le délai d’envoi des dossiers pour prétendre à ces appuis financiers arrive à son terme et les voyagistes sont pressés de savoir s’ils y auront droit, à quel montant et quand. « Sans aide, les agences de voyage ne tiendront pas le coup », réagit Nathalie Balmer, voyagiste à Porrentruy.
Des dossiers clients qui prennent trois à quatre fois plus de temps
La Bruntrutaine a dû licencier sa collègue, à contre-cœur. « Les charges sociales représentaient environ 800 francs par mois. Je l’ai gardée le plus longtemps possible. Mais à un moment donné, ce n’était simplement plus possible », explique Nathalie Balmer, pour qui les rentrées d’argent sont presque inexistantes depuis des mois.
Nathalie Balmer : « Sans aide, les agences de voyage ne tiendront pas le coup »
Régler les annulations, repousser des vacances de clients, fournir des documents aux assurances : les dossiers sont chronophages. Des périples ont déjà été repoussés cinq fois… Et Pâques 2021 ne semble pas idéal pour aller prendre l’air à l’étranger et impliquera certainement son lot de nouvelles adaptations à faire dans les dossiers.
« On ne vend quasiment plus rien depuis onze mois »
Des côtés positifs de la crise sanitaire malgré tout ? Aline Frésard, qui a une agence à Delémont, en voit un : ce sera sûrement l’occasion pour le monde du voyage de se réinventer. Les vols courts devraient devenir moins fréquents. Les touristes prendront peut-être aussi plus de temps pour s'immerger dans la culture. Les mauvaises habitudes devraient peu à peu s’effacer pour laisser place à des virées plus respectueuses de l’environnement et des peuples et coutumes. /cka









